Pathologies

L’autisme, de la sensibilisation à la reconnaissance

Grande Cause Nationale 2012, l’autisme ne cesse de faire parler de lui. Présenté tour à tour comme une maladie psychologique, génétique, environnementale ou comme le produit de déficits divers, il donne du fil à retordre aux chercheurs, soignants et, bien sûr, aux proches des personnes autistes. Face à un processus protéiforme, quelle est la réponse la mieux adaptée ?

Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme : http://www.journee-mondiale.com/88/journee-mondiale-de-sensibilisation-a-l-autisme.htm
Fondation Autisme : http://fondation-autisme.org/

L'autisme, Grande Cause Nationale 2012

L’état de la recherche montre que les déficits cognitifs et comportementaux des autistes seraient dus à diverses anomalies neurodéveloppementales et génétiques. En dépit de celles-ci, certains autistes présentent une intelligence indéniable, que les tests censés la mesurer ne savent souvent pas décoder. La prononciation de quelques mots seulement peut ainsi cohabiter avec un raisonnement complexe, ce qui pose aussi la question de la place des autistes dans la société, et de la valorisation professionnelle de leurs compétences.

Etes-vous autiste ?

Si l’on connait les symptômes autistes – interactions sociales altérées, troubles de la communication verbale et non-verbale, champ d’activités restreint – on sait moins que plus de 2 % de la population répond aux critères comportementaux de l’autisme, sans que l’autonomie en soit affectée. Selon une récente étude coréenne, il passerait même inaperçu, sans qu’on puisse de fait évoquer la notion de maladie.

De nouvelles pistes pour expliquer l’autisme

On a constaté que les cas d’autisme chez les enfants d’immigrés somaliens au Canada ou en Suède sont plus nombreux que chez les enfants restés en Somalie. Les chercheurs posent différentes hypothèses : carence en vitamine D des mères pendant la grossesse, beaucoup moins présente dans les latitudes septentrionales, ou exposition à une nourriture et à des bactéries occidentales. Dans les deux cas, les enfants présentent très tôt un retard mental sévère. Des études sont en cours, pour infirmer ou confirmer l’hypothèse.

Des différences plus qu’une maladie

Ce que l’on sait aujourd’hui de l’autisme nous conduit à observer une organisation cérébrale différente plutôt qu’à diagnostiquer une maladie. Ainsi, l’information et les émotions sont-elles traitées selon un mode propre chez les uns tandis que des capacités visuelles ou mnésiques exceptionnelles sont observées chez d’autres. Après un dépistage précoce, un apprentissage adapté à ces modes de pensée spécifiques devrait constituer l’étape incontournable de la prise en charge des personnes autistes.

Celle-ci comprend des dispositifs éducatifs et médicaux, qui vont de la pharmacothérapie à la rééducation orthophonique, en passant par la psychothérapie. Dans tous les cas, il est crucial aujourd’hui de faire progresser l’adaptation plutôt que de faire disparaître des signes d’autisme.

Le pari de l’intelligence

Hier cantonnés dans des structures spécialisées, les autistes ont tout à gagner à se voir reconnaître de multiples formes d’intelligence le plus tôt possible, et à bénéficier de méthodes d’enseignement conçues pour valoriser leur potentiel intellectuel. Si l’encadrement reste encore insuffisant en France, leur scolarisation a pour autant nettement augmenté depuis 2005, pour atteindre environ 50 % des enfants de plus de trois ans. Bel encouragement à intégrer leurs différences plutôt qu’à les stigmatiser.

Sources :

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