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L’ostéoporose, maladie ou phénomène naturel dû au vieillissement ?

Très invalidante, l’ostéoporose avance à pas feutrés ; pourtant, elle touche plus de 200 millions de personnes dans le monde. Une femme sur deux et un homme sur cinq en souffriront au cours de leur vie.

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Une vie sans ostéoporose

Due à une diminution et une altération de la masse osseuse, l’ostéoporose se traduit par une fragilité excessive du squelette. Les chutes et fractures induites, notamment celle du col du fémur, augmentent par ricochet la morbi-mortalité de ceux qui en sont victimes. Après la ménopause, les femmes sont plus touchées que les hommes du fait d’une moindre protection hormonale.

Des causes diverses

Si l’âge et les facteurs génétiques ont leur importance, on note dans la plupart des cas une mauvaise hygiène de vie, entraînant divers désordres à l’origine d’une moindre densité osseuse.

Le principal responsable est le fameux manque de calcium, qu’on devrait associer à la vitamine D, pourtant rarement citée en duo du précédent. Une insuffisance de celle-ci empêche en effet le calcium de se fixer correctement dans la substance osseuse. Particulièrement présente dans les huiles de poisson (flétan et carpe en tête), elle devrait idéalement accompagner la supplémentation calcique, issue de l’alimentation de préférence. Ensemble, ils améliorent le tonus musculaire et réduisent le risque de chutes. Mais attention aux surdosages de calcium : ils augmentent le risque d’attaque cardiaque.

Les laitages sont-ils vraiment la bonne réponse ?

On nous dit depuis longtemps que le seul moyen de recharger nos os en calcium, c’est d’absorber des produits laitiers en grande quantité. Il est intéressant de noter qu’en Chine, les fractures d’ostéoporose après 50 ans sont cinq fois moins fréquentes qu’aux Etats-Unis, tandis qu’en Gambie, elles sont quasiment inconnues. Dans ces deux pays, un point commun : on ne mange et/ou on ne trouve pas de laitages.

France, Suède, Norvège, Finlande, Irlande, Allemagne et Etats-Unis partagent, quant à eux, un triste record : celui du plus grand nombre de cas d’ostéoporose, la Suède en tête. Ici, la consommation en laitages est la plus élevée au monde.

De fait, cette surconsommation provoque une acidité tissulaire dommageable pour le corps. Lorsqu’il y a trop d’acide dans l’organisme, celui-ci puise dans son capital osseux pour compenser et les os se fragilisent. Cette perte de calcium serait un transfert pour compenser l’excès de charge acide apporté par l’alimentation.

Rétablir l’équilibre acido-basique par l’adoption de mesures hygiénodiététiques

« Le principal message à faire passer est qu’il faut traiter les carences d’apport en calcium, si possible par l’alimentation, et qu’il n’y a pas de supplémentation systématique à faire », indique le professeur Roux.

Ainsi, traiter les carences par l’alimentation permet-il de restaurer l’équilibre acido-basique, témoin de la régulation par notre organisme du pH sanguin. Des bandelettes d’autotest du pH urinaire, distribuées en pharmacies et magasins bio, permettent de contrôler très facilement son terrain. Selon le résultat, on pourra corriger son alimentation à l’aide de gestes simples, à commencer par le citron, dont l’acidité basifiante lutte contre l’acidose ; de nombreux sites indiquent quels aliments privilégier selon sa tendance.

La prévention, premier traitement contre l’ostéoporose après 50 ans

Avant d’envisager une pharmacothérapie potentiellement lourde et dotée d’effets secondaires parfois inconfortables, notre premier réflexe devrait être celui du mouvement, assorti des mesures suivantes :

  • pratiquer un sport, comme des marches douces mais régulières, mobiliser les articulations quotidiennement, premiers gestes pour entretenir et renforcer durablement le squelette ;
  • effectuer une ostéodensitométrie préventive ;
  • réduire les apports de protéines animales ;
  • soigner l’alimentation en incluant fruits et légumes dans son assiette. Leurs sels organiques limitent l’apport en sel de table et permettent de lutter efficacement contre l’acidification tissulaire.

En guise de conclusion, citons le docteur Roland Weinsier du département Sciences de la nutrition à l’université de l’Alabama. Il a réalisé la synthèse de plus de cinquante-sept études sur les vingt dernières années et en déduit que « les éléments scientifiques dont on dispose ne permettent pas de soutenir la recommandation qui vise à encourager la consommation quotidienne de laitages pour favoriser la santé des os. » (Article publié dans le journal scientifique « American Journal of Clinical Nutrition »).

Sonia Kaloustian

Sources
http://www.jydionne.com/calcium-danger/
http://sante.lefigaro.fr/actualite/2010/09/05/10393-osteoporose-faut-il-prendre-calcium
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/06/01/20002-20120601ARTFIG00631-collecte-record-de-lait-de-vache-en-france.php
http://centre.france3.fr/info/peut-on-prevenir-l-osteoporose—72002449.html
http://www.sante-et-nutrition.com/osteoporose-et-equilibre-acido-basique-faisons-le-point.html
http://www.paris-normandie.fr/article/le-docteur-vous-repond/osteoporose-la-spirale-sans-fin
http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitamine_D#Sources_alimentaires
http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/osteoporose/8151-osteoporose-nouveaux-traitements.htm
http://www.regimes.net/une-histoire-os/
http://www.thierrysouccar.com/les_livres/nutrition/lait_mensonges_et_propagande_epuise
http://www.scienceosport.fr/equilibre-acido-basique

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