Quotidien

Les maladies cardio-vasculaires, une affaire de comportement ?

400 par jour : c’est le nombre de décès causés par les maladies cardio-vasculaires en France. Au niveau mondial, les cardiopathies et accidents vasculaires cérébraux font 17,3 millions de victimes chaque année, représentant la première cause de mortalité sur la planète. Point sur le sujet.

Cet article est le premier d’une série consacrée sur le thème du cœur et des maladies associées.
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Examen du coeur

De l’eau a coulé sous les ponts depuis le 27 avril 1968*, date de la première greffe du cœur en Europe, septième du genre dans le monde. Aujourd’hui, on connaît mieux les facteurs de risque et la prévention possible en matière de maladies cardio-vasculaires, de même que les liens connexes qu’elles entretiennent avec d’autres disciplines médicales et/ou traitements.

La Journée mondiale du cœur, qui se tient le 29 septembre, vise à faire connaître au grand public le risque cardio-vasculaire et les actions préventives possibles. En partenariat avec l’OMS, cent pays participent aux manifestations organisées par la Fédération mondiale du cœur, telles que des marches et courses, réunions scientifiques et spectacles, expositions ou encore concerts.

Le risque cardio-vasculaire

Le risque cardio-vasculaire, il faut l’évoquer au pluriel. Les maladies du même nom désignent un ensemble de maladies du cœur et des artères et regroupent :

  • les cardiopathies coronariennes (infarctus) ;
  • les maladies cérébro-vasculaires (accidents vasculaires cérébraux ou AVC) ;
  • l’hypertension ;
  • les artériopathies périphériques ;
  • les cardiopathies rhumatismales ;
  • les malformations cardiaques congénitales ;
  • l’insuffisance cardiaque.

Causées par les plaques d’athérome, ces graisses et substances cristallisées qui se déposent sur les parois des artères (dont le cholestérol et le calcium), elles progressent en silence. Avec le temps, et sans signes avant-coureurs douloureux, les plaques rétrécissent le calibre de celles-ci, diminuant du même coup le débit sanguin. L’obstruction entraîne un cortège de maux et peut être totale ; dans ce cas et si rien n’est entrepris pour corriger la situation, elle peut provoquer un infarctus du myocarde ou crise cardiaque, ou encore un AVC (accident vasculaire cérébral).

L’accumulation de graisse dans les artères, entre fatalité et normalité

Le processus athéromateux est naturel puisqu’il se développe progressivement dès les premières décennies. L’artériosclérose débute même dès la vie embryonnaire ! C’est quand celle-ci s’accompagne de plaques d’athérome qu’on parle d’athérosclérose. S’il tend à s’accroître tout au long de la vie, ce phénomène est particulièrement amplifié s’il est couplé à de l’hypertension artérielle, hypercholestérolémie, diabète, intoxication tabagique, mais également à des facteurs génétiques.

La prévention constitue l’un des alliés pour se prémunir de ces maladies et risques associés. On privilégiera donc une alimentation saine et équilibrée, riche en fruits et légumes et une activité physique douce et régulière plutôt qu’intense et ponctuelle.

Les facteurs de développement des maladies cardio-vasculaires ou risque cardio-vasculaire global

Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte tels que l’âge, la consommation de tabac ou d’alcool, le diabète, les antécédents familiaux, l’hypertension, l’absence d’activité physique, etc. Le cumul des facteurs de risque augmente significativement la probabilité de développer un jour une maladie cardio-vasculaire. Le risque cardio-vasculaire global sera apprécié par le médecin traitant, qui proposera une série de mesures correctives.

Il convient de distinguer les facteurs de risque sur lesquels on peut agir de ceux sur lesquels on n’a pas prise, à savoir:

  • l’âge : la probabilité d’avoir un accident cardio-vasculaire augmente après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme ;
  • les antécédents familiaux : si les père, mère, frère ou sœur ont présenté une maladie cardio-vasculaire avant 45 ans, un infarctus du myocarde ou mort subite du père ou d’un frère avant 55 ans, de la mère ou de la sœur avant 65 ans, le risque cardio-vasculaire est augmenté.

Médication relative au coeur

Et si on commençait par notre assiette ?

Plusieurs études épidémiologiques montrent qu’un apport régulier en flavonoïdes est associé à une diminution du risque de maladies cardio-vasculaires. Les flavonoïdes, ces antioxydants naturels présents dans les fruits et légumes, le chocolat ou le vin rouge, contribueraient à améliorer la vasodilatation coronarienne, à diminuer l’agrégation des plaquettes sanguines et à prévenir l’oxydation du « mauvais » cholestérol, le fameux LDL. Des études sont toujours en cours d’autant qu’on leur prête aussi des propriétés anticancéreuses.

En Finlande, de nouveaux comportements, tant sanitaires qu’alimentaires, ont, en 25 ans, fait spectaculairement baisser de 65 % la mortalité masculine par coronaropathie ; au cours des dix dernières années, elle a chuté de quelque 8 % par an. Le recul de la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires chez les femmes a été de la même ampleur.

Les maladies cardio-vasculaires et les femmes : des a priori tenaces

Si les femmes sont touchées plus tard que les hommes, elles ne sont pas moins concernées qu’eux par les maladies cardio-vasculaires ; celles-ci sont de fait la première cause de décès chez les femmes, le saviez-vous ?

Longtemps, on a cru que Les femmes étaient plus protégées que les hommes, notamment grâce à leurs hormones jusqu’à la ménopause. Apparemment, il n’en est rien ! On soupçonne que les traitements hormonaux de substitution (ou THS) chez la femme post-ménopausée augmenteraient le risque cardio-vasculaire ; l’effet pro-inflammatoire des œstrogènes favoriserait la rupture des plaques instables durant la première année suivant l’instauration du THS.

Quoi qu’il en soit, en cas de prescription d’un THS, de même que chez toute personne de plus de 50 ans, il est recommandé de surveiller régulièrement le risque cardio-vasculaire, ce qui inclut la recherche des facteurs de risque traditionnels (pression artérielle, cholestérol total et HDL, glycémie, tabagisme), la recherche de traitement antihypertenseur et/ou antidiabétique et un entretien pour rechercher l’existence d’antécédents cardio-vasculaires.

A noter

En cas de complication vasculaire, la prudence, voire l’abstention thérapeutique, prévaut. Il appartient au médecin traitant et au spécialiste de la question d’en juger.

Sonia Kaloustian

Référence
* Première greffe du cœur en Europe réalisée par le Pr. Christian Cabrol et son assistant le Pr. Gérard Guiraudon dans l’unité de chirurgie cardiaque du service de chirurgie générale de la Pitié à l’Assistance publique de Paris


Sources

http://www.who.int/topics/cardiovascular_diseases/fr/index.html
http://www.world-heart-federation.org/what-we-do/awareness/world-heart-day/about-world-heart-day/
http://www.who.int/mediacentre/events/annual/world_heart_day/fr/index.html
http://www.ameli-sante.fr/risque-cardiovasculaire.html
http://www.ameli-sante.fr/infarctus-du-myocarde/facteurs-favorisant-l-infarctus-du-myocarde.html
http://www.nsfa.asso.fr/spip.php?article1074
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/ths_rapport_final_corrige_mtev_-_orientations_generales_2006_10_25__15_41_5_415.pdf
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/ths_rapport_final_corrige_mtev_-_messages_cles.pdf http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=citron_lime_nu&utm_source=intern&utm_campaign=20120430&utm_medium=newsletter
http://ecoetsante2010.free.fr/article.php3?id_article=538

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