Pathologies, Santé durable

Le diabète, fléau du XXIe siècle ? 3/3

Suite et fin de notre dossier « Le diabète, fléau du XXIe siècle ? ». Cet article aborde d’une part les mesures préventives et hygiéno-diététiques à mettre en œuvre, même en dehors de tous symptômes, d’autre part les traitements. Si l’on ne parle pas encore de guérison de la maladie, des innovations thérapeutiques voient le jour qui rendent le quotidien plus facile à vivre pour les personnes atteintes.

A lire sur le sujet :
Le diabète, fléau du XXIe siècle ? 1re partie2e partie

Diabète type 1 enfant

À ce jour, on n’a pas encore trouvé de cure permettant de guérir le diabète. Les traitements du diabète se composent d’un ensemble de soins et visent à rétablir des valeurs normales de glycémie. Certains s’appliquent dès le début de la maladie, d’autres en fonction de son évolution et de l’âge du patient. Respect du traitement et suivi médical sont cruciaux pour éviter les complications aiguës et chroniques.

Un plan de santé sur mesure

Chaque patient sera traité de façon personnalisée et différenciée par son médecin. A charge pour lui d’établir un plan de traitement basé sur les résultats des tests sanguins, le bilan de santé et les symptômes. Avec une médication adéquate, un bon régime alimentaire et quelques mesures d’hygiène de vie, les personnes diabétiques peuvent mener une vie quasi normale.

On distingue trois grandes étapes de prise en charge et traitements :

Différentes étapes de prise en charge du diabète

A noter, le rôle central de la personne diabétique dans le dispositif de soin ; ses pratiques et habitudes contribueront à atténuer les effets de la maladie et à prévenir les complications.

Les mesures hygiéno-diététiques et la prévention

On aurait tout intérêt à détecter au plus tôt la maladie, avant même l’apparition des symptômes. Ainsi, en rétablissant une glycémie normale via une intervention précoce, on minimise le risque de complications (troubles cardio-vasculaires, affections oculaires, rénales ou neurologiques, etc.). A privilégier si des membres proches de la famille souffrent déjà du diabète.

L’alimentation

On sait combien l’alimentation joue un grand rôle dans la prévention de nombreuses maladies. Ici, encore plus qu’ailleurs, un régime alimentaire équilibré et riche en fibres doit rimer avec mode de vie actif et sportif.

Idéalement, l’alimentation contiendra des vitamines, minéraux et fibres et sera composée comme suit :

  • lipides (graisses) : 30 à 35 % de l’apport calorique global ;
  • protides  (protéines) : 12 à 15 % ;
  • glucides  (sucres) : 50 à 55 %. Distinguer les glucides simples des complexes : les premiers, comme le sucre ou les produits sucrés, passent vite dans le sang, les seconds lentement, tels les féculents et les légumes secs (lentilles, haricots blancs).

Pour limiter l’apport en sucre, il existe une alternative efficace et dépourvue d’effets secondaires avérés : la stévia, plante originaire d’Amérique du Sud, permet d’abaisser le taux de glucose sanguin et de réduire la tension artérielle. Son très fort pouvoir sucrant à 0 calorie aide de fait à lutter contre l’obésité qui accompagne souvent le diabète.

Du sport pour lutter contre le diabète

L’activité physique

Sont recommandées les activités douces ou d’endurance dans lesquelles les muscles ont toujours assez d’oxygène pour brûler le glucose : natation, gymnastique, marche soutenue (30 minutes entre 4 et 6 km/h), course à pied, vélo… A choisir en fonction de son profil.

Dans le traitement du diabète, l’activité physique a une efficacité non négligeable. Lorsqu’on est prédiabétique, elle fait baisser d’environ 50 % les risques de devenir diabétique à moyen terme (3 ans). Cela est lié à son effet bénéfique sur le muscle et à la réduction de graisse abdominale dont elle est responsable.

L’autosurveillance

Cette méthode, mise en place avec son médecin, permet au diabétique de surveiller lui-même sa glycémie afin d’adapter la dose d’insuline nécessaire. La fréquence et le recours à l’autosurveillance varient d’un patient à l’autre et dépendent de sa situation (primo-traitement, grossesse, diabète de type 1 ou 2…).

Les traitements antidiabétiques de niveau 1

Les examens médicaux

Outre un point régulier sur l’état de santé général, il convient de maintenir l’hémoglobine glyquée (HbA1c), c’est-à-dire le taux moyen de sucre dans le sang sur une longue période, entre 6,5 et 7 %, plutôt qu’attendre une augmentation du taux et les complications correspondantes.

Une fois par an, il faut effectuer plusieurs bilans : rénal, lipidique, cardiologique, oculaire, dentaire et vérifier la sensibilité plantaire pour prévenir une neuropathie.

Les médicaments

Diabète de type 1 : la médication habituelle est toujours l’insuline, administrée avec des injections quotidiennes ou de façon continue à l’aide d’une petite pompe.

Diabète de type 2 : il existe trois types de médicaments en comprimés, à utiliser seuls ou combinés, dont les modes d’action visent à :

  • stimuler la production d’insuline par le pancréas ;
  • aider les tissus à utiliser l’insuline pour absorber le glucose ;
  • ralentir l’absorption intestinale des sucres.

Diabète gestationnel : en amont, un régime alimentaire adapté et le contrôle du poids suffisent à maintenir la glycémie dans les valeurs normales. Un traitement peut s’avérer nécessaire, qui prévient efficacement certaines complications pour la mère et le fœtus.

Les traitements antidiabétiques de niveau 2

L’insulinothérapie

Chez un patient diabétique (devenu) insulinodépendant, un apport de cette hormone est nécessaire à intervalles réguliers, soit sous forme d’injections, soit avec une pompe à insuline.

Il existe différentes sortes d’insuline en fonction de leur durée d’action (dites rapides, retard, analogues lents, mélanges) présentes sous forme de flacon, cartouche, stylo injectable ou seringue. Certaines sont aujourd’hui injectables 1 à 2 fois/semaine seulement. De nouveaux médicaments visent également à diminuer l’insulinorésistance ou évitent la prise de poids.

Dans tous les cas, un seul objectif : maîtriser la glycémie de jour comme de nuit (dosages différents).

Traitements & innovations thérapeutiques

La recherche médicale propose de nouveaux traitements, pour pallier les limites des médications existantes ou proposer de nouvelles alternatives aux patients « résistants ».

Par exemple, l‘oxygénothérapie hyperbare (OTH) est destinée à augmenter l’apport en oxygène des plaies qui ne répondent pas à d’autres options thérapeutiques pour les traiter (c’est notamment le cas pour le pied diabétique). De même, il existe des applications à base d’agents de régénération tissulaire pour soigner les plaies récurrentes (lésions cutanées, ulcères d’origines vasculaire et diabétique, brûlures, etc.).

Pancréas et greffe d'îlots de Langerhans

Le pancréas artificiel : une technologie de pointe qui libère les patients diabétiques

Depuis longtemps, plusieurs équipes travaillent à la mise au point d’un pancréas artificiel. Cette innovation spectaculaire prend en compte trois éléments : la pompe à insuline, le détecteur de glucose sanguin en temps réel et un dispositif de liaison entre les précédents.
Fin 2011, un pancréas artificiel autonome a été mis au point dans le service d’endocrinologie et de diabétologie du Professeur Eric Renard au CHU Lapeyronnie de Montpellier.

Le rôle du microbiote intestinal

Dernièrement (septembre 2012), des chercheurs de l’Inra associés à des équipes chinoises au sein du projet MetaHIT ont mis en évidence que la présence de certaines espèces de bactéries dans le tube digestif humain était corrélée au diabète de type 2. De nouvelles perspectives de recherche s’ouvrent ainsi sur les relations entre microbiote (hier appelé flore intestinale) et pathologies humaines ainsi que pour des diagnostics précoces de ce diabète.

La greffe pour les diabétiques de type 1

Les îlots de Langerhans sont des cellules du pancréas, responsables de la régulation de la glycémie. Alors le seul traitement à ce jour consiste à injecter l’insuline manquante, la greffe d’îlots propose de remplacer les cellules non-fonctionnelles par des cellules provenant d’un donneur. Si son but est d’améliorer l’équilibre glycémique du receveur, sa mise en œuvre est rare : les personnes concernées doivent répondre à des critères très précis et suivre un traitement antirejet potentiellement à vie.

Quand l’activité physique devient prescription

Un tout récent colloque (18/09/12) a statué sur le sujet : l’activité physique et sportive (APS) pourrait devenir une alternative aux médicaments et un remède au déficit de la sécurité sociale.
Le manque d’activité étant à l’origine de diverses pathologies ruineuses pour les caisses de santé, le sport pourrait bien être bientôt médicalement prescrit et socialement remboursé…

Sonia Kaloustian

Sources
http://cochrane.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=900:Oxygenotherapie-hyperbare-pour-le-traitement-des-plaies-chroniques&Itemid=537
http://doctinews.com/univers-pharma/1782-pied-diabetique-une-nouvelle-technologie-pour-le-traitement-des-plaies-chroniques
http://blog.santelog.com/2012/05/23/pied-diabetique-une-amputation-sur-2-pourrait-etre-evitee-clinical-infectious-diseases/
http://www.afd.asso.fr/
http://www.inra.fr/var/plain/storage/htmlarea/32464/file/DP_MetaHIT_05.pdf
http://www3.univ-lille2.fr/ilots/greffe/pourquoi.html
http://www.extenso.org/