Pathologies

Agir contre la dépression : quand information rime avec prévention 2/4

Le deuxième volet de notre dossier traite des différents types de dépression et des typologies de personnes concernées par la maladie. Dr Annick James-Deidier

A lire sur le sujet :
http://www.slate.fr/lien/53211/depression-maladie-qui-touche-aussi-le-corps
Auto-questionnaire pour évaluer ses symptômes
Agir contre la dépression : quand information rime avec prévention – 1e partie3e partie4e partie
Oméga-3 et dépression : à la recherche du facteur diététique

Dépression et typologies correspondantes

Du plus léger au plus lourd, la palette des troubles dépressifs est large

Les troubles dépressifs majeurs

Ils regroupent un cortège de symptômes qui empêchent la personne de vivre une vie normale : grande difficulté à travailler, à dormir, à étudier, à manger. Incapacité à exercer ses activités de loisirs préférées et à s’y intéresser.
Ce syndrome dépressif majeur peut survenir une seule fois dans la vie d’un individu ou au contraire se reproduire à une ou plusieurs reprises.

Les troubles dépressifs légers

Ils se manifestent avec peu ou pas de signes accompagnateurs ; le retentissement social ou professionnel est nul ou mineur.

Les troubles dépressifs d’intensité modérée

Leur symptomatologie se situe entre les deux cas précédents.

Les troubles dysthymiques*

Ils correspondent à des perturbations moins sévères mais souvent plus durables. Les personnes dysthymiques ou souffrant de troubles dépressifs mineurs peuvent, sur ce fond de personnalité, développer un ou plusieurs troubles dépressifs majeurs au cours de leur vie.

Les femmes et les enfants d’abord ?

La dépression des personnes âgées

Elle est plus fréquente qu’on ne le pense et on ne devrait pas la négliger. Ce n’est pas parce que l’on est âgé que l’on doit être triste, découragé ou perdre l’intérêt de la vie. Un traitement bien conduit est efficace ; il ne faut donc pas passer à côté du diagnostic.

Dépression post-partum

La dépression des femmes

Il ne faut pas confondre le fameux « baby blues » avec la dépression post-accouchement. De nombreuses jeunes mamans ressentent dans la semaine ou les 10 jours suivant l’accouchement des troubles passagers tels que crises de larmes, tristesse, anxiété, découragement… Ces symptômes sont liés au bouleversement hormonal de l’accouchement et à l’anxiété de la jeune maman devant ses nouvelles responsabilités. Ils régressent spontanément et ne nécessitent pas de consultation particulière.

Par contre la dépression post-partum est heureusement bien plus rare. Elle peut se manifester plusieurs semaines après l’accouchement. Les symptômes sont alors ceux de la dépression décrits plus haut et sont liés à un sentiment qui peut aller de l’anxiété devant une soi-disant incapacité à s’occuper du bébé jusqu’à un rejet total de l’enfant parfois. Ces symptômes imposent, contrairement à ceux du baby blues, de consulter un médecin afin d’instaurer un traitement. Une psychothérapie associée à un traitement par antidépresseurs est généralement efficace.

Dépression et oméga-3

La faute aux oméga-3
Une étude (en anglais), publiée dans la Revue canadienne de psychiatrie (dernier article de la page), montre que les femmes présentant une dépression post-partum ont des taux sanguins plus bas d’oméga-3. (Voir notre article sur ce thème : http://infos-sante.net/2012/12/13/omega-3-et-depression-a-la-recherche-du-facteur-dietetique/). L’implication d’une baisse des oméga-3 comme critère de survenue d’une dépression pourrait permettre de nouvelles méthodes de dépistage.

Bien que d’autres recherches soient encore nécessaires pour confirmer cette information et comprendre les mécanismes d’une telle relation, plusieurs études ont déjà montré les bénéfices, pour la femme enceinte, de la consommation de poisson, source importante d’oméga-3. Les experts canadiens du ministère de la Santé recommandent déjà de consommer 150 grammes de poisson par semaine pendant toute la grossesse en faisant attention d’éviter certaines espèces risquant de contenir une concentration élevée de méthylmercure (requin, espadon, etc.). En revanche, les poissons courants tels que le saumon, la truite, le thon en boîte, la sole, l’anchois ou le maquereau présentent peu de risques.

La dépression des enfants et des adolescents

Là aussi, il est important de ne pas passer à côté du diagnostic puisque, la plupart du temps, le traitement par psychothérapie bien conduit peut guérir ces jeunes patients. Les parents doivent donc être vigilants et consulter en cas de doute.

* Dysthymie : trouble de l’humeur qui se manifeste par une dépression modérée et chronique

A suivre :
Les soins et thérapeutiques pour guérir :
– le recours aux médicaments
– la voie de la psychothérapie

Bibliographie :
– Councelling Resource. Mental Health Library : Psychological self-tests and quizzes.
– Rashmi Nemade, Ph.D., Natalie Staats Reiss, Ph.D., and Mark Dombeck, Ph.D. Updated: Sep 19th 2007
– Emerging Risk Factors for Postpartum Depression: Serotonin Transporter Genotype and Omega-3 Fatty Acid Status: http://publications.cpa-apc.org/browse/documents/576

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