Pathologies

Agir contre la dépression : quand information rime avec prévention 3/4

Le troisième volet de notre dossier traite des soins pour guérir de la dépression, notamment le recours aux médicaments. Le dernier abordera la voie de la psychothérapie. Dr Annick James-Deidier

A lire sur le même sujet :
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Agir contre la dépression : quand information rime avec prévention – 1e partie2e partie4e partie
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Soins et dépression

Du diagnostic au soin, des actions complémentaires

La dépression dont le diagnostic est confirmé nécessite la mise en place rapide d’un traitement adapté.

Il existe deux approches thérapeutiques : la prise en charge psychothérapeutique et la prescription de médicaments antidépresseurs. Les modalités de prescription varient selon la sévérité des symptômes, les origines des symptômes dépressifs, la catégorie des patients concernés et peuvent parfois aussi tenir compte des préférences du patient. Ces deux approches thérapeutiques sont la plupart du temps complémentaires.

Devant une dépression légère un médecin généraliste recommandera d’abord un soutien psychothérapeutique.
Devant des signes de dépression modérée, il prescrira un traitement par antidépresseurs associé ou non à un soutien psychothérapeutique voire à une psychothérapie.
En cas de dépression plus sévère ou récidivante, avec des manifestations handicapantes pour le quotidien, le généraliste adressera le patient à un psychiatre.
L’hospitalisation n’est nécessaire qu’en cas de risque suicidaire, en cas de dépression majeure et si le patient est isolé ou mal entouré.

Les antidépresseurs, efficaces ou placebo ?

Pour certaines catégories de dépression, leur efficience est scientifiquement et cliniquement prouvée. Il est important de savoir que ces médicaments sont nécessaires dans le traitement des dépressions caractérisées, d’intensité modérée ou sévère.

Cela dit, il ne faut jamais prendre de médicaments antidépresseurs, anxiolytiques ou de somnifères sans prescription médicale. Ne prenez jamais les médicaments que vous propose un ami qui vous dit avoir eu la même chose !… Certaines associations médicamenteuses peuvent être dangereuses ou être inadaptées selon son profil.

Antidépresseurs et anxiolytiques

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la différence entre antidépresseurs et anxiolytiques

Les antidépresseurs

Ils appartiennent à une classe de médicaments qui agissent sur l’ensemble des symptômes de la dépression et en améliorent les signes cliniques les plus graves ; ils sont capables d’améliorer l’humeur déprimée des patients.
Le risque majeur du traitement est lié au fait qu’ils agissent en premier sur l’inhibition psychomotrice des patients et que l’amélioration de l’humeur n’apparaît qu’ensuite. Cet effet aggrave considérablement le risque de suicide en début de traitement ; c’est la raison pour laquelle il peut être nécessaire d’associer temporairement des anxiolytiques qui, eux, vont provoquer une diminution de l’angoisse et surtout une sédation.

Les anxiolytiques

Ceux-là appartiennent à une classe thérapeutique différente et de mécanisme d’action différent sur le système nerveux ; ils sont mieux connus du public car trop souvent utilisés.

Ils agissent uniquement sur la composante anxieuse des symptômes : ils diminuent l’anxiété et entraînent l’apparition d’un effet sédatif plus ou moins important en fonction de la dose. Par contre, dans le traitement de la dépression, ils peuvent aggraver les symptômes s’ils sont prescrits trop longtemps. Leur usage prolongé conduit à une accoutumance et à une tendance à vouloir augmenter les doses, responsables d’effets indésirables insidieux et sérieux.

Les antidépresseurs ne comportent pas de véritable risque de dépendance ou d’accoutumance.  Il est important de respecter la prescription du médecin et surtout de ne pas arrêter le traitement trop tôt ou brutalement, pour éviter les rechutes à l’arrêt du traitement.

Choix du traitement dans la dépression

Quand le patient ne répond pas au traitement

Si le traitement est ou paraît inefficace (car il n’agit pas immédiatement) après au moins deux semaines, le médecin pourra avoir recours à un autre antidépresseur. Les formes de dépression totalement résistantes devront envisager une hospitalisation et avoir recours à d’autres méthodes thérapeutiques.

Les effets bénéfiques des antidépresseurs ne se faisant sentir réellement qu’après plusieurs semaines (de deux à six), un traitement anxiolytique d’action plus rapide est souvent prescrit en association à l’antidépresseur au début du traitement. Si la personne dépressive a de fortes tendances suicidaires, ce traitement a l’avantage de minimiser le risque de passage à l’acte en attendant que les antidépresseurs fassent leur effet. Mais cette prescription d’anxiolytique doit être temporaire. Il est progressivement arrêté lorsque les effets des antidépresseurs commencent à se manifester. Les anxiolytiques ne soignent pas la dépression et ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines. Au-delà, leur action est diminuée et le risque de dépendance réel.

Il est important de savoir que le traitement antidépresseur doit être poursuivi plusieurs mois après l’amélioration des symptômes. Sinon, il y a risque de rechute.
Il faut se méfier de l’alcool, dont l’effet euphorisant est trompeur. L’association d’alcool avec le traitement antidépresseur est formellement déconseillée car il peut aggraver l’état dépressif.

A suivre :
Les soins et thérapeutiques pour guérir : la voie de la psychothérapie

Bibliographie :
– Councelling Resource. Mental Health Library : Psychological self-tests and quizzes.
– Rashmi Nemade, Ph.D., Natalie Staats Reiss, Ph.D., and Mark Dombeck, Ph.D. Updated: Sep 19th 2007

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