Pathologies

Et si, du cholestérol, vous ne saviez rien ? 3e partie

L’« hypothèse lipidique », selon laquelle l’excès de consommation de graisses saturées et le cholestérol seraient les principaux responsables des maladies cardio-vasculaires, semble remise en question par des études récentes. 

Protéine C réactive et inflammation

Le HDL-c dit « bon » cholestérol pas toujours protecteur de nos artères

Une étude conduite sur le sujet* indique que, dans certaines circonstances, le HDL n’est pas protecteur, mais qu’il favorise paradoxalement l’inflammation vasculaire et l’oxydation du LDL. D’autres recherches ont montré que certaines modifications chimiques et structurelles entraînent la formation du HDL pro-inflammatoire. Le HDL pro-inflammatoire est présent dans l’inflammation systémique chronique, le diabète et  l’athérosclérose.

L’inflammation systémique chronique, nouvelle piste d’exploration des maladies cardio-vasculaires

Ce qui semble avoir le plus d’impact sur le risque de maladies cardio-vasculaires serait le degré d’inflammation dans l’organisme, qui se mesure par le taux de protéine réactive de type C. « Sans l’inflammation, présentée jusqu’ici comme un des effets secondaires des affections cardio-vasculaires, le cholestérol ne se serait jamais accumulé sur la paroi du vaisseau sanguin pour provoquer la plaque avec sa conséquence éventuelle d’une crise cardiaque », indique Dwight C. Lundell M, ex-chirurgien thoracique.

De fait, les récentes données indiquent que l’inflammation rendrait la plaque d’athérome fragile et spongieuse, donc plus susceptible de se détacher et d’obstruer les artères.

Un régime alimentaire anti-inflammatoire en prévention des risques cardio-vasculaires

On comprend que les recommandations nutritionnelles changent. Quand la prévention des maladies cardio-vasculaires passait hier par la surveillance des taux de cholestérol total, LDL, HDL et triglycérides, on peut s’attendre demain à se voir conseiller de modifier son alimentation significativement.

Il faudrait de préférence consommer davantage d’aliments qui ont la capacité de faire baisser l’inflammation dans les tissus, comme les fruits, les légumes, le thé, le cacao, le vin rouge (avec modération), en raison de leur teneur élevée en antioxydants. Surtout, il faudrait mettre l’accent sur les oméga-3 marins que l’on retrouve dans les poissons gras comme le saumon, la truite, les sardines et le maquereau. Vigilance doit être portée sur l’équilibre à trouver entre oméga-3 et oméga-6.

A noter : quelques études épidémiologiques ont montré une relation entre déficit en oméga-3, troubles de l’humeur… et maladies cardiaques. Celles-ci et la dépression semblent se nourrir mutuellement. Voir notre article sur les oméga-3 et la dépression : http://infos-sante.net/2012/12/13/omega-3-et-depression-a-la-recherche-du-facteur-dietetique/

oméga-3 et oméga-6

Les acides gras « oméga », essentiels à l’organisme

A l’exception des acides gras polyinsaturés qui peuvent être synthétisés par l’organisme, c’est dans l’alimentation que celui-ci va devoir trouver les acides gras essentiels dont il a besoin, car il ne peut les produire lui-même. Encore faut-il chercher à les équilibrer pour garantir une bonne santé.

On distingue deux familles d’acides gras essentiels :

  • les oméga-6, particulièrement abondants dans les huiles de carthame, de pépins de raisin, de tournesol, de germe de blé, de maïs, de noix, de soja et les volailles grasses (tel que le canard) ;
  • les oméga-3, surtout présents dans les algues, le colza (canola), les huiles de noix, de soja et de colza et les poissons gras (tels que le saumon, le thon, la sardine, le maquereau ou le hareng).

Sonia Kaloustian

* Tiefes HDL – hohes Risiko, hohes HDL – tiefes Risiko?
Walter F. Riesen und Markus Hug, Institut für Klinische Chemie und Hämatologie, Kantonsspital St. Gallen und Praxis für Allgemeinmedizin, Delémont

Sources :
http://www.medicalforum.ch/pdf/pdf_f/2008/2008-14/2008-14-107.PDF
http://www.minerva-ebm.be/fr/article.asp?id=1169
http://id.erudit.org/iderudit/006478ar
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6361299
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11348605
http://sante-medecine.commentcamarche.net/contents/cholesterol/role-et-provenance-du-cholesterol
http://www.heart.org/HEARTORG/GettingHealthy/FatsAndOils/MeettheFats/Meet-the-Fats_UCM_304495_Article.jsp
http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/majority-of-hospitalized-heart-75668.aspx
http://www.sante.public.lu/fr/maladies-traitements/020-examens/analyses-biologiques/dosage-cholesterol-total-triglycerides-et-cholesterol-hdl-aspect-serum-a-jeun/index.html
http://www.sciencedaily.com/releases/2012/03/120326113713.htm
http://www.heart.org/HEARTORG/GettingHealthy/FatsAndOils/MeettheFats/Meet-the-Fats_UCM_304495_Article.jsp
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22768685
http://www.medicalforum.ch/docs/smf/archiv/fr/2008/2008-14/2008-14-107.PDF
http://www.westonaprice.org/french/what-causes-heart-disease-french
http://www.chelationtherapyonline.com/articles/p94.htm
http://content.karger.com/ProdukteDB/produkte.asp?Aktion=ShowPDF&ArtikelNr=235707&ProduktNr=249214&filename=235707.pdf
http://www.lediet.fr/page_dictionnaire.html?id_rubrique=3&id_dico=11

Cet article fait partie de notre dossier sur les maladies cardio-vasculaires.
A lire sur le sujet :
 Êtes-vous incollable sur le cœur ?
– 
Les maladies cardio-vasculaires, une affaire de comportement ?
– Et si, du cholestérol, vous ne saviez rien ? 1re partie – 2e partie – 4e partie – 5e partie
– L’ivabradine, nouvelle thérapie cardio-vasculaire ?
– Jusqu’ici vous vous soigniez? Jouez aux serious games maintenant !

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