Pathologies

Maladie d’Alzheimer : les dernières avancées de la recherche et de l’espoir à la clé 1/2

Une découverte capitale récente ouvre une nouvelle voie de recherche pour la maladie d’Alzheimer ; il pourrait s’agir d’une maladie infectieuse à prion.

Neurones et Alzheimer

La maladie d’Alzheimer (du nom du neurologue allemand qui l’a décrite au début du XXe siècle) est une maladie dégénérative du cerveau. Elle évolue sur une très longue période (probablement plus d’une dizaine d’années). Le processus est une destruction progressive des cellules nerveuses (les neurones) dans diverses régions du cerveau, aboutissant à terme à une importante perte d’autonomie, à une dépendance physique prononcée et à la démence du patient. Elle entraîne finalement son décès. Elle est la plus fréquente des maladies neurodégénératives.

Des lésions cérébrales pour expliquer la maladie

Anatomiquement, elle se caractérise par l’existence de 2 lésions cérébrales :
le développement de plaques séniles (plaques amyloïdes) sur les neurones, constituées d’un amas de peptide* toxique A-bêta42, lequel provient d’une protéine de la membrane du neurone coupée par des enzymes. En temps normal ce peptide A-bêta42 libéré de façon occasionnelle est éliminé par les cellules « nettoyeuses ». Dans la maladie d’Alzheimer, ces peptides neurotoxiques sont libérés en plus grand nombre et le nettoyage physiologique n’est plus assez efficace pour les faire disparaître. Ils s’agglomèrent alors entre eux et forment les plaques amyloïdes insolubles.

Protéine Tau et tauopathie

Maladie d’Alzheimer**

la dégradation de la protéine tau (tauopathie). Les amas de peptides A-bêta42 se fixent sur les axones des neurones (prolongements de la cellule neuronale qui assurent la conduction nerveuse entre les neurones) et s’attaquent alors à la protéine tau qui normalement enserre les microtubules des axones comme un ruban enroulé autour d’une tresse. La protéine tau lésée se relâche, se déforme et libère les microtubules qui se désagrègent. On aboutit à un enchevêtrement de neurofibrilles, altérant la conduction nerveuse et entraînant la dégradation progressive du neurone. Plus la maladie de la protéine tau se propage et plus les signes de la maladie d’Alzheimer progressent et s’aggravent.

Des chercheurs ont également découvert qu’un fragment de peptides béta-amyloïdes (appelé N-APP) est capable de provoquer la mort des neurones, un phénomène normal dans le développement du cerveau pendant la petite enfance (lorsque le cerveau s’organise en éliminant les connexions inutiles) mais qui se « réveillerait » pendant la maladie d’Alzheimer. Les travaux continuent pour déterminer le rôle exact des peptides béta-amyloïdes dans cette maladie.

Courante ou héréditaire, les deux formes de la maladie d’Alzheimer

La forme la plus courante

Elle peut toucher tout le monde. Chez un individu normal, tout se passe bien parce que l’organisme arrive à éliminer au fur et à mesure de leur apparition les quelques agrégats protéiques qui se forment occasionnellement, grâce à l’action des cellules « nettoyeuses ». Par contre, cet équilibre physiologique peut être perturbé, chez ces sujets non prédisposés, à l’occasion peut-être de la survenue d’un stress important ou d’un gros choc traumatique par exemple.

Les causes exactes du déclenchement de cette maladie ne sont pas connues et de nombreuses hypothèses font toujours l’objet de recherches spécifiques. Le cerveau n’arrive plus alors à juguler la production des protéines anormales qui s’accélère. Les premiers symptômes peuvent se manifester très longtemps après le dérèglement initial de l’équilibre.

La forme héréditaire

Elle représente approximativement moins de 3 % des cas de maladie d’Alzheimer s’observe chez des patients dont des parents proches ont été frappés par cette maladie. Chez ces sujets atteints d’une forme héréditaire, la désorganisation protéique apparaît de façon plus précoce, à un âge encore jeune. D’où l’importance d’un dépistage longtemps avant l’apparition des premiers signes par l’analyse du génome et la recherche de mutations génétiques.

Les facteurs de risque

Le mode de vie contribue aussi à favoriser l’apparition de la maladie en raison de l’existence de facteurs prédisposants, appelés facteurs de risque et qu’il est important de connaître pour pouvoir agir en matière de prévention.

Ce sont, par ordre de fréquence :

  • le faible niveau d’instruction
  • le tabac
  • la sédentarité (1)
  • la dépression
  • l’hypertension artérielle
  • l’obésité (2)
  • le diabète

* Peptides : ce sont des chaînes d’acides aminés reliés entre eux par des liaisons dites peptidiques. Leur taille est variable : le peptide peut être constitué de 2 ou 3 acides aminés et on parle alors d’oligopeptides.  Au contraire, le peptide peut être constitué d’un plus grand nombre d’acides aminés, 10 ou plus, et on les appelle polypeptides. Les protéines sont constituées d’un ou plusieurs polypeptides ayant subi quelques modifications et des plicatures de leurs chaînes d’acides aminés.

Les neuropeptides, quant à eux, sont des peptides sécrétés par un neurone et qui jouent le rôle de neurotransmetteurs permettant de transmettre la fonction pour laquelle le neurone est programmé.

**Source : wikipédia – adaptation schéma d’origine http://www.nia.nih.gov/ – Auteur : Zwarck http://psp39.free.fr/

A suivre :
Le prion pour expliquer les maladies neurodégénératives et les nouvelles pistes prometteuses pour traiter la maladie

Sur le même sujet :
Alzheimer : des pistes encourageantes

Bibliographie
1. Les activités physiques et sportives – Académie Nationale de médecine. Jacques Bazex, Pierre Pène, Daniel Rivière, Michel Salvador

2. L’obésité aggraverait les lésions associées à la maladie d’Alzheimer – Communiqué – Salle de Presse de l’INSERM. http://presse-inserm.fr/lobesite-aggraverait-les-lesions-associees-a-la-maladie-dalzheimer/6040/

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