Grossesse

La contraception orale par pilule combinée œstroprogestative 1/2

Moyen de contraception le plus répandu et le plus demandé, en particulier chez les jeunes femmes, la pilule combinée œstroprogestative a de beaux jours derrière… et devant elle. Environ 46 % des femmes utilisant une méthode contraceptive ont recours à cette pilule.

Cet article fait partie de notre dossier sur les différentes méthodes contraceptives.
Choisir sa contraception : 1re partie  – 2e partie 3e partie
La contraception orale par pilule combinée œstroprogestative- 2e partie

Première prescription de pilule

L’utilisation de la pilule a été grandement banalisée puisqu’il s’agit d’un médicament très efficace avec un taux d’échec minime si elle est prise correctement, sans oubli ni décalage important dans le temps. Cependant, tout traitement médicamenteux efficace, quel qu’il soit, présente un certain nombre de risques qu’il faut savoir évaluer, des contre-indications qu’il faut respecter scrupuleusement et des effets indésirables à connaître pour pouvoir les gérer avec son médecin en toute connaissance de cause.

Les précautions à observer avant toute prescription de pilule

La prescription de première intention doit être faite par un médecin généraliste ou un gynécologue qui aura au préalable pratiqué un examen clinique complet de la patiente. Sur le plan biologique, il est recommandé de surveiller le cholestérol total, les triglycérides et la glycémie à jeun avant traitement et dans les 3 à 6 mois suivant le début de la contraception, selon le contexte. Ensuite tous les 5 ans si tous les bilans sont normaux ou plus souvent s’il y a des facteurs de risque.

Œstrogène, progestérone, deux hormones pour une pilule… et une infinité de variantes

Les pilules œstroprogestatives associent deux hormones qui sont normalement sécrétées par les ovaires : œstrogène et progestérone. Elles agissent toutes les deux en empêchant l’ovulation ; de surcroît, la progestérone empêche d’une part la nidation (implantation et développement de l’œuf dans l’utérus) et d’autre part la pénétration des spermatozoïdes dans l’utérus. Elles reproduisent en quelque sorte l’imprégnation hormonale d’un début de grossesse.

Les pilules se distinguent les unes des autres de la façon suivante :

  • par la nature des deux hormones associées ;
  • par le dosage en œstrogène ;
  • par le type d’association entre les 2 hormones.

1- Par la nature des deux hormones associées

L’œstrogène choisi est en général l’Ethinylestradiol, et plus récemment ce peut être le valérate d’estradiol ou d’autres formes d’estradiol. Le progestatif varie selon la génération de la pilule.

1° génération :

  • noréthistérone (Triella, Miniphase) ou
  • norgestriénone (Planor)

2° génération :

  • norgestrel (Stédiril) ou
  • lévonorgestrel (Adépal, Minidril, Trinordiol)

3° génération :

  • désogestrel (Cycleane, Mercilon, Varnoline, et leurs génériques) ou
  • gestodène (Harmonet, Minesse, Minulet, Triminulet, Meliane, Melodia, Moneva, Phaeva, Carlin, Optinesse) et leurs génériques) ou
  • norgestimate (Cilest, Tricilest, Effiprev, Triafemi).

4° génération :

  • drospirénone (Jasmine, Convuline, Drospibel, Jasminelle, Yaz, Belanette, Rimendia) ou
  • acétate de chlormadinone (Belara) ou
  • diénogest (Qlaira) ou
  • nomégestrol (Zoely).

A noter : en dehors de ce classement, il existe un cas particulier, celui de Diane 35 µg, associant Ethinylestradiol et cyprotérone acétate, prescrite pour traiter en même temps l’acné de la femme.

Pilule et calendrier

Générations, commercialisation, quel rapport docteur ?
Aucun ! Bien que les œstroprogestatifs de 3° et 4° génération soient plus récents que les autres, cette classification en « générations » n’est pas liée à la date de commercialisation des produits mais bien à la nature du progestatif utilisé en fonction de l’évolution de la recherche. Par ailleurs, les produits commercialisés depuis longtemps font l’objet de révisions périodiques de la part des autorités de santé en matière de bénéfice/risque.

Si l’on veut savoir à quelle catégorie appartient sa pilule, il suffit de regarder la composition indiquée sur le conditionnement.

2- Par le dosage en œstrogène

Les premières pilules, dites normodosées, renferment une dose d’œstrogène égale à 50 µg.
Ensuite, ont été mis à disposition les œstroprogestatifs dits « mini dosés » avec une dose d’éthinylestradiol comprise entre 15 et 40 µg selon les pilules.

3- Par le type d’association entre les 2 hormones

L’association des deux hormones peut être fixe pendant toute la durée du cycle : ce sont les traitements dits monophasiques.
Elle peut au contraire être variable en fonction des périodes du cycle ; ce sont les traitements biphasiques, voire triphasiques ou multiphasiques.

Le choix de la pilule se fait par le praticien en fonction du contexte clinique et environnemental de la patiente.

Contraception par œstroprogestatif : les contre-indications à connaître pour faire le bon choix

On distinguera entre contre-indications absolues et relatives.

Les contre-indications absolues

  • hypertension artérielle supérieure à 160/100 mm de mercure ;
  • antécédents personnels d’accidents thromboemboliques, accidents vasculaires cérébraux, migraines avec aura, migraines accompagnées ;
  • cancer du sein ou de l’utérus ;
  • tabagisme important >15 cigarettes par jour après 35 ans ;
  • diabète insulinodépendant mal équilibré, compliqué ;
  • affections hépatiques évolutives ;
  • antécédents de cancer du foie, du sein ou de l’endomètre ;
  • allaitement (ou moins de 6 semaines après l’accouchement).

Les contre-indications relatives

Celles-ci nécessitent prudence et discernement : ce sont les cas où il faut respecter certaines précautions d’emploi si l’on souhaite utiliser ce traitement :

  • chez les femmes présentant un diabète mais qui est équilibré ;
  • en cas d’hyperlipidémie, de diabète ou d’accidents vasculaires connus dans la famille ;
  • en cas d’obésité ;
  • chez les femmes ayant déjà eu des enfants et ayant souffert d’hypertension pendant la ou les grossesses antérieures ;
  • en cas d’hyperthyroïdie, de goutte, ou certains fibromes ;
  • en cas de tabagisme inférieur à 15 cigarettes par jour.

Une fois ces contre-indications totales ou relatives respectées, la contraception par œstroprogestatif est un traitement sûr et efficace dans la quasi totalité des cas si la patiente se fait suivre régulièrement (environ une fois par an) et consulte dès la moindre inquiétude.

Dr Annick James-Deidier

A suivre :
Les effets indésirables des pilules œstroprogestatives

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