Alimentation

La vitamine D, parent pauvre de l’hiver – 1/4

Essentielle pour prévenir l’ostéoporose et garantir le capital osseux, elle fait pourtant régulièrement défaut à 80 % d’entre nous. Son déficit, particulièrement marqué en hiver, devrait inciter à se faire contrôler et supplémenter le cas échéant.

A lire aussi : L’ostéoporose, maladie ou phénomène naturel dû au vieillissement ?

Supplémentation en vitamine D

D’origine végétale ou animale, les vertus de la vitamine D

Considérée comme une vitamine liposoluble (soluble dans les graisses), la vitamine D n’est pas, en réalité, une vitamine mais une pro-hormone synthétisée dans la peau sous l’effet des rayons UVB du soleil à partir d’un dérivé du cholestérol.

Elle existe sous deux formes :

  • la vitamine D2 (ergocalciférol) d’origine végétale (céréales, champignons, levures) ;
  • et surtout la vitamine D3 (cholécalciférol) d’origine animale (huiles de poissons gras principalement, jaune d’œuf, lait et beurre plus accessoirement).

On l’appelle la vitamine du soleil car l’alimentation n’apporte qu’une faible partie des besoins, l’essentiel étant synthétisé par l’organisme exposé au soleil.

Vitamine D2 et D3

Les rayons ultraviolets activent la synthèse de la vitamine D dans l’organisme à partir d’un métabolite du cholestérol (1), synthèse qui se fait d’abord au niveau du foie puis en final au niveau du rein. La vitamine active est la vitamine D3 ou 1-25 dihydroxy-cholécalciférol.

La vitamine D, l’amie des os pour la vie

Ses propriétés essentielles et connues depuis longtemps concernent le métabolisme osseux. Elle favorise l’absorption intestinale du calcium puis du phosphore, absorption qui, en l’absence de vitamine D, est considérablement réduite. Elle permet en outre la fixation du calcium sur la trame osseuse pour apporter solidité et résistance. Elle participe à la croissance harmonieuse de la charpente osseuse de l’enfant et à la consolidation des os, à une bonne minéralisation dentaire ainsi qu’au tonus et à la résistance musculaires.

Elle est donc indiquée dans la prévention et le traitement du rachitisme chez l’enfant, la prévention et le traitement de l’ostéomalacie chez l’adulte (os mous et déformables) et de l’ostéoporose (os fragiles se fracturant facilement) chez les sujets plus âgés.

L’homéostasie (régulation harmonieuse et bonne santé) osseuse est assurée par l’action équilibrée et conjointe de trois hormones principales : la parathormone, la vitamine D et la calcitonine.

Quand la vitamine du soleil est en berne

Une personne en bonne santé avec une exposition régulière au soleil et une alimentation variée n’a normalement pas besoin de supplément en vitamine D. En pratique, une exposition de 10 à 15 minutes par jour tous les jours sur plus de la moitié du corps serait suffisante pour assurer les besoins.

Cependant, dans nos pays, les mauvaises saisons, les nuages, le brouillard, les vêtements et l’épaisseur ou la couleur foncée de la peau sont des facteurs importants de déficit en vitamine D et la majorité de la population s’avère présenter une insuffisance en cette vitamine.

Selon les résultats de l’étude de M. VERNAY de l’université Paris 13 portant sur 1587 adultes inclus dans l’Etude Nationale Nutrition Santé (réalisée entre 2006 et 2007 en France Métropolitaine), plus de 80 % de la population française présente un déficit en vitamine D. Cette déficience est bien sûr modérée mais tout de même 5 % de la population sélectionnée aurait une carence sévère se traduisant par des signes cliniques.

Les femmes voilées, premières touchées par les carences

Par ailleurs, une étude lyonnaise (2) a été initiée au vu de cas fréquents, constatés en consultation, de carence en vitamine D chez les femmes portant en permanence des vêtements couvrants. Le but était de répondre à la question : « Les femmes voilées vivant dans la région lyonnaise sont-elles carencées et, si oui, quel est le degré de ce déficit ? Les médecins généralistes connaissent-ils ce problème ? »
Réalisée entre novembre 2005 et mars 2006, elle a porté sur 96 femmes âgées de 18 à 49 ans. Les résultats montrent que 99 % de ces femmes jeunes en âge de procréer présentent un déficit endémique en vitamine D. Ce déficit est considéré comme sévère, c’est-à-dire avec diminution du capital osseux chez 82,5 % d’entre elles dont 71 % présenteraient des symptômes de carence. Il est donc important que les médecins traitants prennent en compte cette situation.

Dr Annick JAMES-DEIDIER

A suivre :
– La supplémentation recommandée
– Les risques et symptômes d’un apport excessif en vitamine D
– Focus sur la recherche : de nouvelles propriétés à l’étude

Bibliographie
1. Dérivé du cholestérol
2. La carence en vitamine D chez la femme de 18 à 49 ans portant des vêtements couvrants, une réalité méconnue en médecine générale.
Sonja Belaid(1), Ambroise Martin(1), Anne-Marie Schott(2), Martine Laville(3), Marie-France Le Goaziou(1)
Sonja Belaid, Université Claude Bernard, 8 avenue Rockefeller, F-69008 Lyon, France [(1)Université Claude Bernard, F-69008 Lyon, France ; (2)DIM des hospices civils de Lyon, F-69003 Lyon, France ; (3)Hôpital Édouard Herriot, F-69437 Lyon Cedex 3, France]

Articles similaires