Alimentation

La vitamine D, parent pauvre de l’hiver – 4/4

Pour éviter toute carence en vitamine D, vous avez décidé de vous supplémenter. Attention toutefois à ne pas dépasser certaines doses au risque de développer des symptômes caractéristiques d’un apport excessif, tout aussi dommageable qu’une carence.

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Apport excessif de vitamine D et fatigue

Apport en vitamine D, point trop n’en faut pour éviter tout risque de désagréments

Les manifestations d’un apport excessif en vitamine D sont variables selon l’âge et les circonstances. Peuvent apparaître des maux de tête, une perte d’appétit, une fatigue inexpliquée, des douleurs et crampes musculaires. Des manifestations digestives telles que soif, bouche sèche, nausées ou vomissements peuvent attirer l’attention ou encore l’apparition d’une hypertension artérielle ou de troubles de la conscience.

Chez l’enfant, l’alerte peut provenir d’un arrêt de la croissance. Chez la femme enceinte, l’intoxication à la vitamine D peut entraîner l’apparition de malformations fœtales.

Dans tous les cas on notera une hypercalcémie due à l’augmentation de l’absorption digestive du calcium et à l’augmentation de la résorption osseuse (destruction accrue des cellules de l’os).  Cette hypercalcémie provoquera l’apparition de lithiases urinaires (calculs dans les voies urinaires) voire de néphrocalcinose (calculs nombreux disséminés dans le rein).

L’urgence est bien sûr d’arrêter immédiatement les prises de vitamine D et de consulter au plus vite.

D’autres vertus moins connues de la vitamine D

La recherche s’efforce actuellement d’explorer plus en détail par des études spécifiques les autres propriétés moins connues de la vitamine D et qui semblent particulièrement intéressantes.

Cancer du sein et vitamine D

La vitamine D joue notamment un rôle dans le contrôle de la différenciation de nombreux types cellulaires (arrêt du cycle cellulaire) et dans l’inhibition de la prolifération de ces cellules en induisant l’apoptose (c’est-à-dire la mort cellulaire). Ainsi de nombreux essais sont en cours dans les maladies prolifératives comme le psoriasis (1) ou hyper prolifératives (cellules tumorales) telles que le cancer, en particulier dans le cancer du sein, de la prostate ou du colon.

Polyarthrite et vitamine D
Par ailleurs, elle exerce un effet immunomodulateur intéressant dans le traitement des maladies auto-immunes, telles que le diabète de type 1 ou la polyarthrite rhumatoïde, dans le traitement du psoriasis (2) par voie locale ou générale ou même tout simplement pour empêcher d’être atteint par la grippe saisonnière (3). Une étude américaine récente en milieu hospitalier montre aussi que les infections nosocomiales sont deux fois plus fréquentes chez les patients carencés en vitamine D.

Elle agit aussi sur la synthèse de facteurs neurotrophiques et des neurotransmetteurs, ce qui lui confère un rôle de neuroprotection. Des études explorent son intérêt dans le traitement de la maladie de Parkinson (4,5), de la sclérose en plaques (6, 7) ou la maladie d’Alzheimer.

Enfin, elle exerce un rôle de réparation de l’ADN, ce qui pourrait aider à combattre les maladies liées à l’âge et les facteurs de cancérogenèse.

Le mot de la fin

La vitamine D est connue depuis longtemps pour le contrôle de l’homéostasie phosphocalcique et de la minéralisation osseuse. La mise en évidence plus récente de son rôle physiologique dans l’immunité, la différenciation et la prolifération cellulaires ainsi que dans la neuroprotection justifie l’intérêt grandissant pour cette hormone.

Dr. Annick JAMES-DEIDIER

Bibliographie
1. New vitamin D analogs in psoriasis. Fogh K, Kragballe K, Curr Drug Targets Inflamm Allergy, Jun 2004; 3(2) : 199-204
2. Maternal and newborn vitamin D status and its impact on food allergy development in the German LINA cohort study. Xeisse K et coll., Allergy 2013; 68: 220-228
3. Randomized trial of vitamin D supplementation to prevet seasonal influenza A in schoolchildren. Urashima M, Segawa T, Okazaki M, Kurihara M, Wada Y, Ida H., Am J Clin Nutr 2010; 91:1255-60
4. The vitamin D receptor in dopamine neurons; its presence in human substantia nigra and its ontogenesis in rat midbrain. Cui X, Pelekanos M, Liu PY, Burne TH, McGrath JJ, Eyles DW., Neuroscience: 2013 Jan 24. pii: S0306-4522(13)00072-9. doi: 10.1016/j.neuroscience.2013.01.035.
5. Vitamin D Insufficiency high among Patients with early Parkinson Disease. Marian L. Evatt et coll., JAMA 2011; 68 [3] : 314-319,
6. Vitamin D and Cognitive Impairment in Multiple Sclerosis (MS), Sarah A. Morrow, Murali Ramanathan, Ralph Benedict, Jun Qu, Xiaotao Duan, Barbara Teter, David Hojnacki, Robert Zivadinov, Bianca Weinstock-Guttman, Buffalo, NY, American Academy of Neurology Meeting 2010, [P05.044] Thursday, April 15, 2010 – 7:30 AM, Session Info: Poster Session V: Multiple Sclerosis and Related Diseases: Drug     Mechanisms II (7:30 AM-12:00 PM)
7. Vitamin D Metabolites Are Linked to Clinical and MRI Outcomes in Multiple Sclerosis Patients – Bianca Weinstock-Guttman, Robert Zivadinov, Jun Qu, Eunjin Bang, David Hojnacki, Frederick Munschauer, Niels Bergsland, Sarah Hussein, Laura Willis, Marya Cherneva, Murali Ramanathan, Buffalo, NY, [PD5.009] Thursday, April 15, 2010 – 7:30 AM, Session Info: Poster Discussion Session V: Multiple Sclerosis and Related Diseases: Drug Mechanisms (7:30 AM-12:00 PM)

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