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Déficit en vitamine D et dépression, un lien probable et une piste nouvelle de guérison

Un déficit chronique en vitamine D et la survenue d’une dépression pourraient être liés : c’est ce qu’indique une étude réalisée au Canada, portant sur la relation possible entre les deux paramètres.

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Vitamine D et dépression

De nombreuses hypothèses avaient été précédemment émises sur l’éventualité d’une relation entre déficit en vitamine D et dépression, mais aucune étude spécifique n’avait été réalisée pour vérifier ces hypothèses.

Des récepteurs à la vitamine D ayant été identifiés dans diverses structures cérébrales (neurones et différentes zones du cerveau) et sachant qu’il existe des dépressions saisonnières aux périodes peu ensoleillées de l’année, il était intéressant de vérifier par une étude à grande échelle si les syndromes dépressifs pouvaient avoir une relation avec la vitamine D.

A l’occasion d’autres études déjà effectuées au Canada, il avait été mis en évidence qu’au moins les deux tiers des populations canadiennes ou nord-américaines présentaient un déficit chronique en vitamine D.

Rappelons que la vitamine D agit sur la synthèse de facteurs neurotrophiques et celle des neurotransmetteurs, action qui lui confère un rôle de neuroprotection.

Des taux de vitamine D significativement plus bas chez les patients dépressifs

Les auteurs de l’étude publiée dans le British Journal of Psychiatry (1) ont réuni les observations de 31 424 patients suivis pour les uns dans une étude de cas avec groupe témoin (patients dépressifs/patients non dépressifs) et pour les autres dans dix études transversales plus trois études de cohortes de patients.

Les résultats montrent que les patients dépressifs ont des taux de vitamine D significativement plus bas que les témoins non dépressifs dans l’étude de cas. Dans les études transversales plus difficiles à interpréter, il ressort néanmoins que les taux bas de vitamine D étaient associés à une plus grande fréquence de dépression que les taux plus élevés. Les études de cohortes portant sur des cas beaucoup plus nombreux ont confirmé ces résultats : les cas de dépression ont été significativement plus fréquents chez les patients ayant un taux insuffisant en vitamine D par comparaison à ceux qui avaient un taux plus élevé.

Une piste qui permet d’espérer une résolution de la dépression

Les auteurs concluent à une confirmation des hypothèses établissant la possibilité d’un lien entre des taux bas de vitamine D et la survenue de phénomènes dépressifs. Ils soulignent l’intérêt de réaliser maintenant des études contrôlées sur les effets préventifs et curatifs de la vitamine D dans la dépression afin de déterminer s’il y a un lien de cause à effet entre les deux.

Dr. Annick JAMES-DEIDIER

Source :
1) Vitamin D deficiency and depression in adults: systematic review and meta-analysis. Anglin RE, Samaan Z, Walter SD, McDonald SD., Br J Psychiatry, 2013 Feb, 02:100-7. doi: 10.1192/bjp.bp.111.106666.

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