Pathologies

L’endométriose, discrète mais douloureuse 1/3

Une femme sur 10 en âge de procréer est affectée par l’endométriose, maladie dite bénigne mais empoisonnante au quotidien, parfois invalidante et source d’infertilité. Les études les plus prometteuses laissent entrevoir l’implication de processus inflammatoires à l’œuvre dans cette affection. Avec un espoir à la clé, celui de pouvoir mener une vie normale.

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Endométriose-douleurs menstruelles

L’endométriose fait partie de ces affections difficiles à soigner, car difficile à diagnostiquer. Ses causes sont en effet obscures et multiples ; d’origine tant génétique qu’environnementale, elle recouvre des aspects aussi variés que complexes : chirurgical, médical, psychologique, sexologique, sans oublier celui de la fertilité.

L’endomètre, cette muqueuse en constant renouvellement qui tapisse l’intérieur de l’utérus, est normalement éliminé avec les menstruations. Dans le cas de l’endométriose, des fragments de tissu se logent autour de la zone utérine, notamment sur les trompes de Fallope, les ovaires, l’intestin et la vessie. Ils réagissent aux fluctuations hormonales du cycle menstruel mais ne sont pas évacués faute d’issue, d’où la formation de kystes, d’inflammations et d’adhérences.

Des symptômes variés

Parmi les plus fréquents, citons des douleurs au bas-ventre pendant les règles, l’ovulation, les rapports sexuels, la miction. Elles peuvent être faibles, vives ou intenses… ou inexistantes. Des troubles digestifs et de la fatigue sont également souvent observés. Le syndrome de côlon irritable ou bien une cystite sans germes peuvent de même faire suspecter une endométriose.

Cette kyrielle de symptômes déroute les professionnels de santé, parfois peu alertés et/ou formés à l’endométriose. Parfois chronique, dans nombre de cas, l’endométriose affecte aussi le psychisme, déstabilisé par les crises fréquentes qui passent, aux yeux des médecins, pour des manifestations psychosomatiques. Le diagnostic d’anxiété posé parfois à tort donne lieu à la prescription d’antidépresseurs et retarde la prise en charge de la maladie. On comprend la détresse de ces femmes peu ou pas entendues qui, en France comme chez nos voisins européens, se regroupent en association pour se soutenir mutuellement.

Laparoscopie organes féminins

L’expression à plusieurs visages de l’endométriose

Quand l’échographie pelvienne permet de repérer des kystes, elle ne suffit pas toujours à confirmer une endométriose. Dans ce cas on pratiquera une laparoscopie* sous anesthésie. Grâce à l’introduction de trois ou quatre tubes au niveau de l’abdomen, elle met en lumière les différentes formes empruntées par l’endométriose pour s’immiscer dans le corps : nodules, kystes, lésions ou adhérences. Le médecin peut prélever des échantillons de tissu et, si le diagnostic est confirmé, éliminer directement les éventuels foyers d’endométriose.

Un enjeu de taille, le diagnostic précoce

Le diagnostic souvent tardif permet hélas à la maladie d’évoluer en silence. Elle a en commun avec le cancer d’infiltrer, de détruire, de créer sa propre vascularisation, de faire des métastases ganglionnaires et de récidiver. Sa différence avec celui-ci est qu’elle n’est pas (trop) agressive ou mortelle. Le 30e congrès de la SRMGO (Société royale marocaine de gynécologie obstétrique), qui s’est tenu en mars 2012, s’est particulièrement penché sur le sujet et a mis en lumière la multidisciplinarité nécessaire dans l’approche thérapeutique.

De fait, personne ne peut expliquer pourquoi certaines femmes sont atteintes d’endométriose. Il est possible qu’un mauvais fonctionnement du système immunitaire et que certains facteurs génétiques soient en cause.

Paradoxe d’une maladie dite bénigne qui fait pourtant très mal

A la douleur physique s’ajoute parfois celle de ne pas savoir si le désir d’enfant sera exaucé. « Les douleurs peuvent être fortes, violentes mais, comparées à la douleur de ne pas savoir si l’on pourra être maman ou pas, elles ne sont rien », dit cette femme traitée depuis plusieurs années pour infertilité.

Cas particulier

Certaines femmes vivent toute leur vie avec l’endométriose sans le savoir et peuvent même avoir des enfants sans recourir à la chirurgie, laquelle rétablit la fertilité dans 50 % des cas.

Sonia Kaloustian

A suivre
– Facteurs et personnes à risque
– Alimentation et prévention
– Traitements
– Pistes nouvelles et recherche

* Examen endoscopique de la cavité abdominale et de son contenu

Sources
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=endometriose_pm
http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/New-Study-Shows-Role-of-Nervous-6227.aspx
http://www.endofrance.org/
http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2002/sem02/mag1213/dossier/endometriose_niv2.htm
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=endometriose-pm-references
http://www.channing.harvard.edu/nhs/?page_id=70
http://www.nhs3.org/index.php/our-story/20-nurses-health-study-2
http://news.nurse.com/article/20130114/NATIONAL02/101210016/-1/frontpage
http://www.lequotidiendumedecin.fr/search/apachesolr_search/endom%C3%A9triose?solrsort=ds_cck_field_date_parution%20desc
http://www.ensemblecontrelendometriose.fr/
http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/New-Study-Shows-Role-of-Nervous-6227.aspx
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23567095
3w.canal9.ch – Emission Antidote Canal 9 – Nov. 2012
http://cochrane.fr/index.php?option=com_k2&view=item&id=1032&recherche=&Itemid=537
http://doctinews.com/archives/1450

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