Pathologies

Le cancer du sein chez la femme 2/5

Le cancer primitif du sein chez la femme est multiple et on devrait plutôt parler DES cancers du sein. Carcinome dit invasif ou non, il se développe d’abord dans le sein ; traité dès que possible, il a moins de chances d’essaimer ailleurs.

A lire aussi :
Le cancer du sein chez la femme 1/5 – Les facteurs génétiques
Le cancer du sein chez la femme 3/5 – Les autres tumeurs et l’influence des hormones

Examen des seins - cancer du sein

On classe les cancers du sein féminins selon plusieurs critères :
– la nature des cellules concernées par la dégénérescence cancéreuse ;
– leur degré d’invasivité ;
– leur dépendance ou non à l’influence des hormones.

Selon la nature des cellules atteintes et le degré d’invasivité :

A) Le carcinome

C’est la classe la plus importante des cancers du sein. Le carcinome représente à lui seul 98 % des tumeurs malignes du sein ; on parle d’adénocarcinome, c’est-à-dire d’un cancer développé à partir des cellules de la glande mammaire ou de ses canaux excréteurs. On distingue :

1) Les carcinomes non invasifs ou non infiltrants

Le type le plus fréquent des cancers non invasifs chez la femme (4 %) est le cancer ou carcinome canalaire « in situ ». Il se forme à l’intérieur des canaux excréteurs du lait (canaux galactophores) et la mammographie systématique permet de le diagnostiquer beaucoup plus souvent que par le passé et précocement.

Une autre forme de cancer non invasif est le carcinome lobulaire « in situ » (2,5 %). Il se développe à l’intérieur des canalicules des lobules glandulaires (glande mammaire).

Le traitement bien conduit de ces deux formes non invasives prises à temps permet la guérison car, bien localisés, ils ne se disséminent pas.

Cependant, s’ils ne sont pas traités, les cellules cancéreuses poursuivront leur croissance, leur multiplication et la destruction des cellules voisines. Elles finiront par s’infiltrer dans la paroi et se propager à l’extérieur des canaux galactophores puis progressivement envahiront les tissus avoisinants.

2) Les carcinomes invasifs ou infiltrants

Ce sont des formes qui envahissent les tissus avoisinants. Leur extension reste d’abord à l’intérieur du sein sauf en l’absence de diagnostic précoce et de traitement. Dans cette éventualité, les cellules cancéreuses pourront essaimer d’abord régionalement et toucher les ganglions lymphatiques les plus proches (atteinte ganglionnaire) situés au creux de l‘aisselle, puis à distance via les vaisseaux lymphatiques et sanguins dans d’autres parties du corps et atteindre les os, le poumon, le foie ou le cerveau le plus souvent. C’est ce que l’on appelle les métastases.

Dans cette catégorie, on distingue :

  • le carcinome canalaire infiltrant : le point de départ se situe à l’intérieur des canaux excréteurs (galactophores) et les cellules tumorales envahissent et traversent la paroi de ces canaux. C’est la forme la plus fréquente : elle représente 70 % des cancers du sein.
  • le carcinome lobulaire infiltrant (5 à 15 % des cancers du sein) dont le point de départ se situe dans les lobules glandulaires, c’est-à-dire les glandes qui sécrètent le lait. Dans cette forme, les cellules cancéreuses ont aussi une forte tendance à dépasser leur zone de formation et à envahir les tissus situés tout autour du point de départ.
  • les autres carcinomes se différencient par la nature des cellules initialement touchées par le processus cancéreux. Ils sont plus rares que les précédents et s’appellent : cancers médullaires, colloïdes ou mucineux, tubulaires, papillaires, métaplasiques, apocrines…
  • le carcinome inflammatoire est bien moins fréquent que les précédents et se manifeste par des signes cliniques d’inflammation locale avec un sein rouge, chaud et gonflé. La peau peut parfois prendre l’aspect d’une peau d’orange. Ces signes doivent très vite attirer l’attention et motiver une consultation sans attendre car la progression de cette forme est plus rapide et nécessite un traitement sans délai.
  • la maladie de Paget est un cancer encore beaucoup plus rare. Elle se manifeste simplement par une petite plaie spontanée du mamelon et qui ne guérit pas. Elle correspond à l’extension mamelonnaire d’un adénocarcinome sous-jacent. Elle demande aussi la prise en charge rapide de son traitement.

Dr. Annick JAMES-DEIDIER

A suivre
– Les autres tumeurs
– Les méthodes de dépistage
– Les signes à surveiller
– Les traitements

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