Pathologies

Le cancer du sein chez la femme 3/5

On connaît surtout du cancer du sein les manifestations les plus communes et fréquentes ; il revêt d’autres formes, sous influence des hormones notamment. 

Femme et cancer du sein

On l’a vu dans nos précédents articles, on classe les cancers du sein féminins selon plusieurs critères :

  • la nature des cellules concernées par la dégénérescence cancéreuse ;
  • leur degré d’invasivité ;
  • leur dépendance ou non à l’influence des hormones.

Parmi les autres tumeurs qui affectent les femmes, certaines sont rares. Citons les tumeurs phyllodes et les sarcomes dont le plus fréquent est l’angiosarcome.

De l’influence des hormones sur la survenance des cancers du sein féminins

De fait, on identifie également les cancers selon qu’ils sont sensibles aux hormones ou non.

Les cancers dits « hormono-sensibles » sont des cancers dont les cellules présentent à leur surface des récepteurs hormonaux, structures permettant l’action des hormones ou des antihormones sur les cellules cancéreuses. Ces cancers réagiront favorablement aux traitements antihormonaux. En effet, les œstrogènes ont une influence positive sur le développement des tumeurs du sein.

Il existe pour le cancer du sein deux types de récepteurs hormonaux : les récepteurs aux œstrogènes (RE) et les récepteurs à la progestérone (RP).

Les cancers non hormono-sensibles sont dépourvus ou présentent très peu de récepteurs hormonaux et de ce fait ne réagissent pas aux traitements antihormonaux. Ce sont généralement des formes plus difficiles à traiter.

De l’importance de surveiller et dépister pour agir à temps

L’évaluation du degré d’extension de la tumeur au moment du diagnostic est importante pour évaluer les chances de guérison. Plus le diagnostic est précoce, plus les chances de guérison sont grandes. D’où l’importance du dépistage systématique.

Sont prises en compte :

  • la taille de la tumeur initiale : les tumeurs de moins de 1 cm ont un excellent pronostic de guérison. Ensuite des classements en pourcentage de guérison sont établis par fourchettes de dimensions : inférieures à 2 cm, de 2 à 3 cm etc. Les tumeurs supérieures à 6 cm étant considérées comme les plus graves.
  • l’extension ganglionnaire axillaire : on a vu plus haut que les cellules cancéreuses peuvent se disséminer à l’extérieur du sein par voie lymphatique. Comme le montre le schéma ci-dessous, les premiers ganglions lymphatiques touchés sont ceux de la région de l’aisselle. L’existence ou non d’une invasion des ganglions est un facteur important pour l’évaluation du pronostic de guérison. On parle de stade  » N –  » pour signifier qu’il n’y a aucune atteinte ganglionnaire (N= lymph Node), ce qui est un très bon pronostic ou de stade  » N +  » s’il y a atteinte ganglionnaire. Parmi les cas N+, d’autres classifications prennent en compte le nombre de ganglions atteints. Plus ce nombre est important, plus le traitement sera lourd et plus les chances de guérison seront diminuées.

Cancer du sein et ganglions axillaires

  • Réseau lymphatique du sein
  • L’existence de métastases à distance avec découverte de lésions tumorales dans d’autres organes (os, poumon, foie, cerveau) est encore un facteur aggravant.

Pour aller plus loin : d’autres facteurs nouvellement pris en compte

  • le pourcentage de cellules en phase de réplication de leur matériel génétique (phase S) : plus le nombre de cellules en phase de multiplication est important, plus le cancer est considéré comme évolutif.
  • la surexpression des récepteurs HER-1 ou HER-2 aux facteurs de croissance HEGF. En effet, plus ces récepteurs sont nombreux à la surface de la cellule, plus les facteurs de croissance et de prolifération cellulaire circulants pourront exercer leurs effets multiplicateurs sur la cellule (1).
  • ou encore l’action d’autres facteurs de croissance tels que le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor) agissant sur la formation et le développement des vaisseaux irrigant la tumeur (néovascularisation). Plus la vascularisation de la tumeur est importante, plus elle a de chances de disséminer des métastases.

Ces nouveaux critères sont utiles à connaître pour favoriser le bon choix de traitement dans les formes de cancer du sein non hormono-dépendants. Ils sont particulièrement pertinents pour les formes ne répondant pas aux traitements classiques et les cancers du sein plus agressifs tels les « triples négatifs » (2). Ces formes de cancer du sein ne présentent ni récepteurs aux œstrogènes, ni récepteurs à la progestérone, ni récepteurs HER-2. Heureusement rares, ils sont particulièrement agressifs mais la recherche cependant ouvre actuellement de nouvelles pistes de traitement encourageantes avec certains traitements ciblés agissant sur les récepteurs ou facteurs de croissance que nous venons de citer (2).

Dr. Annick JAMES-DEIDIER

A lire aussi :
Le cancer du sein chez la femme 1/5 – Facteurs génétiques
Le cancer du sein chez la femme 2/5 – Les différents types de cancer du sein

A suivre
– Les méthodes de dépistage
– Les signes à surveiller
– Les traitements

Bibliographie
1) http://www.macmillan.org.uk/Cancerinformation/Cancertypes/Breast/Symptomsdiagnosis/HormoneandHER2receptors/HER2andbreastcancer.aspx
2) Le cancer du sein « triple négatif » – P. Frères et Coll., Rev Med Liège 2010; 65 :3  :120-126

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