Pathologies

Le cancer du sein chez la femme 4/5

Le cancer du sein offre différents visages, avec des degrés divers de gravité et de fréquence. Dans tous les cas, la prévention reste encore le meilleur moyen d’anticiper les anomalies ou d’éviter, le cas échéant, les récidives traumatisantes.

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Palpation des seins

L’examen médical régulier (si possible une fois par an) est recommandé chez toutes les femmes quel que soit leur âge, avec palpation systématique des seins. Effectué le plus souvent par le gynécologue, il peut l’être également par le généraliste.

L’auto-examen des seins : cette méthode permet aux femmes d’apprendre à rechercher elles-mêmes l’apparition d’une anomalie. Si les femmes pratiquaient sur elles-mêmes une palpation méthodique (enseignée par leur médecin) une fois par mois, elles auraient au bout d’un certain temps une connaissance précise de leur anatomie ; elles seraient ainsi capables de déceler l’apparition d’une modification quelconque à son début.

Dans les faits, cette méthode facile et non coûteuse n’est pas encore assez pratiquée. A mettre donc au menu de son programme préventif.

Dépistage et mammographie
La mammographie : elle est maintenant proposée gratuitement aux femmes âgées de 50 à 74 ans à raison d’une tous les deux ans dans le cadre d’un dépistage systématique. Cet examen permettant de déceler les cancers à un stade beaucoup plus précoce, elle peut donc théoriquement les traiter avec beaucoup plus de chances de guérison. Là aussi, le nombre de femmes qui se soumettent régulièrement à cet examen radiographique n’est pas suffisant.

À celles qui ont besoin d’être rassurées, la mammographie est proposée avec des garanties de sérieux :
– interprétation des clichés par des radiologues ayant eu une formation spécifique,
– examen des clichés de façon indépendante par deux radiologues.

En cas de résultats divergents, un troisième radiologue est consulté. Les appareils utilisés répondent aussi à des normes de qualité stricte.

Une échographie est proposée en cas d’image douteuse à la mammographie. Elle ne fait pas partie des examens du dépistage systématique de première intention.

Dépistage systématique, des voix contre
Certains émettent quelques réticences à propos de ce dépistage systématique ; ils l’accusent de surestimer le nombre de diagnostics de cancers avec ce qu’on appelle les « faux positifs », c’est-à-dire des femmes pour lesquelles on décèle une anomalie à la mammographie et chez lesquelles des examens plus poussés révèlent qu’il ne s’agit pas d’un cancer mais d’une modification bénigne.

Ces faux positifs pourraient induire un stress inutile et des examens plus ou moins invasifs chez les patientes concernées. A l’inverse, on peut aussi avoir des « faux négatifs » lorsqu’un cancer débutant n’apparaît pas sur les clichés. D’où l’intérêt de refaire régulièrement le dépistage.

Ceci étant dit, il faut retenir l’excellente fiabilité de la mammographie puisque ces faux positifs ou faux négatifs ne représentent qu’environ 10 % des cas au total.

Dépistage organisé pour les femmes de plus de 50 ans
Le dépistage organisé ne concernant que les femmes de plus de 50 ans, on peut aussi objecter que les femmes plus jeunes sont négligées par ce programme. Les formes et manifestations cancéreuses étant différentes chez les jeunes femmes, il convient de rester vigilant. Car, dans ce domaine, la jeunesse n’est pas un gage de sécurité absolue.

D’où l’importance d’être bien informée et de se faire suivre régulièrement par un généraliste ou un gynécologue ; cela est d’autant plus vrai que l’on appartient à une famille où il y a déjà eu des cas de cancer du sein.

Tumeur au sein
Prédisposition familiale ou pas, des signes qui doivent attirer l’attention
En dehors des cas où le cancer est découvert par hasard lors d’un examen systématique alors qu’aucun signe ne pouvait le faire suspecter, il existe des cas révélés par l’apparition de signes cliniques :

– le signe le plus fréquent est la découverte d’une boule (nodule) dans un sein lors de la toilette, apparue spontanément ou à la suite d’un traumatisme,
– l’apparition d’une douleur et/ou d’une rougeur localisée,
– la découverte d’une rétraction du mamelon,
– la découverte d’un écoulement mamelonnaire,
– la découverte de l’apparition d’un ganglion ou d’une gêne sous l’aisselle.

Ces manifestations justifient impérativement une consultation rapide, au cours de laquelle un examen clinique soigneux et des examens complémentaires seront pratiqués (mammographie, échographie, IRM, ponction… selon les cas). À l’issue de ces examens, on saura si le diagnostic de cancer du sein est confirmé ou non. S’il l’est, un bilan pré-thérapeutique sera alors mis en route afin d’orienter le médecin pour le choix du protocole à adopter.

Dr. Annick JAMES-DEIDIER

À suivre
– Les traitements

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