Pathologies

L’endométriose, discrète mais douloureuse 3/3

Les femmes atteintes d’endométriose, cette affection à la fois discrète et invalidante, gagneront à obtenir un diagnostic le plus tôt possible. En effet, plus celui-ci est précoce, mieux la maladie est traitée.

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Examen pelvien

S’il n’existe pas aujourd’hui de traitement définitif de l’endométriose, plusieurs traitements sont néanmoins disponibles, à adapter selon le stade d’évolution de la maladie :

Les anti-inflammatoires

Prescrits ou non par le médecin, ils aident à soulager les douleurs pelviennes dues à l’endométriose. A minima, un bain chaud ou un coussin chauffant sont parfois bienfaisants.

Les hormones

Si les traitements hormonaux peuvent aider à soulager la douleur, ils ne règlent pas le problème sur le fond et n’agissent pas sur la fertilité. Ils bloquent la production d’hormones par les ovaires, ce qui réduit les saignements. Ainsi, pour éviter le flux douloureux des règles, la prise de la pilule ou la pose d’un stérilet hormonal pourront atténuer les douleurs.

À noter : ces traitements hormonaux peuvent avoir ou non un effet contraceptif.

Instruments chirurgie non invasive

La chirurgie

  • conservatrice, elle consiste à retirer les excroissances endométriales, les tissus cicatriciels et les adhérences qui sont souvent à l’origine de l’infertilité ;
  • radicale, elle concerne l’ablation de l’utérus (l’hystérectomie) et des ovaires pour empêcher toute stimulation hormonale. Ce traitement sera envisagé en dernier recours car il cause une ménopause et une stérilité définitive ;
  • robotique : elle existe depuis une vingtaine d’années, mais en France, son développement en chirurgie gynécologique est relativement récent (depuis 2005-2006). Elle présente de nombreux avantages potentiels (précision, qualité de vision, ergonomie chirurgicale).

Dans le cas d’un endométriome ovarien – ce kyste endométriosique de l’ovaire – le traitement chirurgical consiste à détruire en totalité le tissu endométriosique et de traiter les lésions associées (adhérences). Une étude parue en mai 2011 indique que les taux de fécondation et de grossesse sont identiques dans le groupe opéré versus non opéré. Ainsi, la présence d’un petit endométriome (inférieur à 4 cm) au moment de la fécondation in vitro n’affecte pas la réponse ovarienne à l’hyperstimulation. Ceci suggère que l’impact sur la réserve ovarienne est minime. En revanche, l’impact d’un endométriome plus gros ou symptomatique doit être clarifié à l’occasion d’une nouvelle étude.

Le traitement combiné

Une étude prospective a évalué l’efficacité de l’hormonothérapie, de la chirurgie et le traitement combinant les deux. Ont participé à cette étude quatre cent cinquante patientes atteintes d’endométriose génitale, âgées de 18 à 44 ans, avant la première laparoscopie.

L’incidence la plus faible de récidive est notable avec un traitement combinant chirurgie et hormonothérapie. Les bénéfices les plus significatifs sont observés en cas de règles irrégulières et/ou de rapports sexuels douloureux.

D’autres traitements prometteurs

Pendant longtemps, les recherches ont porté sur le rôle possible du système vasculaire sur l’inflammation et la réponse hormonale dans le développement de l’endométriose. En 2005, une équipe de chercheurs s’est penchée sur le rôle du système nerveux dans cette maladie.

Il semble que celui-ci soit très impliqué dans l’endométriose, contrairement aux hypothèses habituellement formulées. On a en effet découvert que les lésions endométriosiques développent des processus inflammatoires dans le péritoine, la cavité contenant entre autres les organes génitaux. L’innervation induite est probablement responsable de la très forte sensation douloureuse vécue par les femmes atteintes d’endométriose.

Les résultats de cette étude pourraient mener à une meilleure compréhension de l’endométriose, tant dans son apparition que dans son traitement.

Sonia Kaloustian

Sources
http://www.cngof.asso.fr/d_livres/2006_GM_165_cravello.pdf
http://humrep.oxfordjournals.org/content/26/9/2368.abstract?sid=66cbe4d6-429c-42a2-b6ea-8f1215052d4c
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23567095
Combined Surgical and Hormone Therapy for Endometriosis Is the Most Effective Treatment: Prospective, Randomized, Controlled Trial.
Alkatout I, Mettler L, Beteta C, Hedderich J, Jonat W, Schollmeyer T, Salmassi A.
Source : Department of Obstetrics and Gynecology, University Medical Center Schleswig-Holstein, Kiel, Germany.

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