Quotidien

Les bonnes résolutions à l’épreuve du Nouvel An

Les agapes de fin d’année un peu, beaucoup ou à peine digérées, peut-être vous demandez-vous comment vous pourriez prendre davantage ou mieux en compte votre santé à l’occasion de la nouvelle année. Les bonnes résolutions, ça vous connaît, leur disparition aussi ? Enfin une bonne raison pour que cela change.

Bonnes résolutions 2014

Êtes-vous de ceux qui, à l’aube d’une nouvelle année, dressent la liste des bonnes résolutions/actions qu’ils souhaitent accomplir dans les 365 prochains jours à leur disposition ? Si oui, faites-vous aussi partie des déçus qui constatent que leurs nouvelles espérances n’ont guère dépassé le mois de janvier ? Arrêtez de culpabiliser, il y a une explication rationnelle et fonctionnelle à cela !

Neuroplasticité, changements constants et continuité, un des paradoxes du cerveau
C’est simple, notre cerveau n’aime pas le changement ! Il n’a que faire de vos bonnes résolutions, trop occupé qu’il est à entretenir ses automatismes – comprenez vos habitudes. Paradoxe de cet organe qui dispose de tant de nouveaux circuits possibles mais ne s’en sert pas…

Une habitude, ce n’est pas forcément synonyme de train-train lénifiant et aliénant. Quand vous marchez par exemple, vous mettez en œuvre cette aptitude particulière et salvatrice du cerveau à automatiser une tâche répétitive, laquelle a été précédée d’un apprentissage. Quand vous conduisez votre voiture aussi. Ainsi, il économise une énergie précieuse, non extensible à l’envi.

Dès lors, comment « lui » faire entendre que vous aspirez à introduire un peu de changement(s) – vos « bonnes » résolutions – dans votre quotidien ? Surtout, comment faire en sorte que vos objectifs soient non seulement atteints, mais durables ? Comment accéder à l’énergie économisée par l’automatisation des tâches récurrentes, qui nous rendrait libre pour d’autres expériences ?

Pourquoi changer – même en « mieux » – est si difficile
C’est fatigant, cela consomme de l’énergie, cela exige de la mémoire « vive » à l’instar de celle, gloutonne, des ordinateurs. Vigilance, conscience, confiance sollicitent nos sens et notre énergie. C’est joli sur le papier mais c’est exigeant pour le cerveau ; il va devoir ouvrir de nouveaux circuits neuronaux. La bonne nouvelle de ce début d’année, c’est que c’est non seulement possible, mais profitable. La construction de nouveaux réseaux nerveux entretient en effet la plasticité du cerveau, une pierre de plus à l’édifice de la longévité… en bonne santé.

Bonnes résolutions 2014_objectifs

La technique des petits pas…
À l’instar du « kaizen », approche japonaise qui consiste en l’amélioration permanente par des actions simples ou minuscules mais constantes, nous pouvons induire de profonds changements… à condition de décider, consciemment et volontairement, du changement à opérer. Puis de soumettre régulièrement notre cerveau à la répétition. De là à l’intégrer comme une – nouvelle – habitude qu’il va automatiser, il n’y a qu’un pas.

Le premier, c’est de commencer. Commencez petit. N’espérez pas manger la baleine en une seule fois, vous risquez une grosse indigestion… et un dégoût à vie que votre cerveau se fera un plaisir de vous rappeler.

… et de la répétition
Formuler une résolution, visualiser son objectif, se le répéter, le représenter, y revenir, l’écrire, le lire sont autant d’occasions d’exposer votre cerveau à une réalité qu’il va pouvoir faire sienne. Imaginez-vous en train d’accomplir quelque chose – dévaler une piste de ski par exemple – ou faites-le vraiment. Si vous savez bien sûr mesurer la différence, en réalité le cerveau n’en fait pas : dans un cas comme dans l’autre, il crée une expérience intérieure, qu’il va mémoriser et stocker. Peu importe pour lui que vous ayez VRAIMENT skié ou non. Ce fabuleux allié traite les objets réels et imaginaires de la même façon. A la prochaine occasion similaire, il va déstocker l’information et la comparer à la nouvelle, donc la reconnaître. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il comprenne où vous voulez en venir : automatiser le geste !

Prenons un autre exemple : vous souhaitez vous débarrasser de la cuillère de sucre que vous ajoutez systématiquement à votre café (et vous en buvez beaucoup !), en vain jusqu’ici. N’espérez pas passer en force et compter sur votre volonté. Vous allez dégoûter votre palais et émousser votre motivation. Enlevez juste un grain de sucre de la cuillère, un seul. Au café suivant, faites de même. Et ainsi de suite. Patiemment, lentement. Un jour viendra où vous constaterez que votre cuillère est vide et que le changement s’est produit sans douleur.*

En d’autres termes, pour installer du changement dans sa vie – qu’il soit alimentaire, comportemental, relationnel, etc. – il convient, comme l’enseignait Platon, de répéter. « L’art de convaincre consiste à dire trois fois la même chose : on dit ce que l’on va dire, on le dit, on dit ce que l’on a dit. » L’art de SE convaincre aussi.

Sonia Kaloustian

* Exemple extrait du livre de Robert Maurer « Un petit pas peut changer votre vie : la voie du kaizen », Éditions Anne Carrière

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