Grossesse

La prééclampsie : du nouveau pour la diagnostiquer 2/3

Conséquence d’un manque de formation ou de vigilance des professionnels, la prééclampsie est parfois mal ou non diagnostiquée en France. Les complications pour la mère comme pour l’enfant, quand elles sont sévères, ne souffrent aucun délai de prise en charge.

Examen grossesse-prééclampsie

Les complications liées à la prééclampsie chez la mère et l’enfant
Les caractéristiques suivantes s’appliquent particulièrement lors des formes sévères.

Chez la mère
– syndrome Hellp* : augmentation de la destruction des globules rouges dans le foie (hémolyse), élévation des enzymes hépatiques liée à une inflammation de celui-ci, diminution du nombre des plaquettes sanguines d’où un risque accru d’hémorragie ;
– éclampsie : crise de convulsions qui a lieu autour de la naissance ;
– hémorragie cérébrale ;
– insuffisance rénale et/ou hépatique ;
– œdème pulmonaire ;
– hématome rétroplacentaire (HRP) avec hémorragie : décollement placentaire qui provoque une hémorragie interne là où il était fixé. Cet accident nécessite un accouchement en urgence ;
– césarienne d’urgence à 24-25 semaines d’aménorrhée (SA) ou 33-34 SA.

Prééclampsie-césarienne

Chez le bébé
– retard de croissance fœtale ;
– naissance prématurée ;
– atteinte neurologique ;
– mort in utero ou néonatale.

En cas de mauvais diagnostic ou si la grossesse évolue mal, le seul moyen de protéger la mère est de mettre fin à la grossesse.

Prévenir la prééclampsie
Tout traitement doit être précoce et préventif. On a pu noter que l’administration précoce d’aspirine à faible dose, avant 16 semaines de grossesse, réduisait par deux à quatre le risque de prééclampsie et de retard de croissance intra-utérin. Après cette période, elle n’est plus efficace.

À noter : La prise d’aspirine n’est pas anodine et ne concerne que les femmes à haut risque. La dose optimale sera appréciée par son médecin.

Un nouveau test sanguin plus qu’encourageant pour diagnostiquer la prééclampsie
Depuis fin 2013, une équipe britannique(1) a mis au point un test capable de détecter avec 96 % d’exactitude les prééclampsies qui devront faire l’objet d’un accouchement thérapeutique dans les deux semaines.

Il est basé sur la mesure, avant 35 semaines, du niveau d’une protéine appelée facteur de croissance placentaire (PlGF) présente chez les femmes enceintes. Cette protéine, produite par le placenta, intervient dans le développement de la prééclampsie.

Mesure du taux de PIGF : pour savoir quand il faut agir et éviter les accouchements prématurés
Le taux du facteur de croissance placentaire PIGF est un bon indicateur des actions correctives à poser.

– taux < 12 pg/mL : prééclampsie sévère qui exige un accouchement thérapeutique à 9 jours en moyenne ;
– taux < 100 pg/mL : prééclampsie qui demande une surveillance renforcée et un accouchement le cas échéant ;
– taux ≥ 100 pg/mL : rassurant et associé à des termes moyens de neuf semaines (62 jours).

En permettant au praticien de faire le choix éclairé de procéder à un accouchement thérapeutique ou non, ce test donne enfin la chance au fœtus d’aller au terme de son développement. Et aux mères celui de profiter de leur grossesse plus sereinement.

Sonia Kaloustian

À suivre
– L’interview d’Estelle BATTELE, présidente de l’association APAPE, Association de Prévention et d’Actions contre la Prééclampsie

Sources et bibliographie
(1) Chappell LC et al. (2012) Plasma placental growth factor (PLGF) measurement in women presenting with suspected pre-eclampsia: the Pelican study Pregnancy Hypertension: An Intl Journal of Women’s Cardiovascular Health 2; 175–239.
*HELLP pour Hemolysis, Elevated Liver enzymes and Low Platelets (hémolyse intravasculaire, hypertransaminasémie et thrombopénie).
http://www.sfhta.eu/wp-content/uploads/2012/09/HTA_ET_GROSSESSE.pdf
http://www.medscape.fr/voirarticle/3594887
http://www.inserm.fr/thematiques/biologie-cellulaire-developpement-et-evolution/dossiers-d-information/la-pre-eclampsie
http://www.kcl.ac.uk/newsevents/news/newsrecords/2013/10-October/World-first-pre-eclampsia-test-could-save-hundreds-of-babies.aspx
https://facmed.univ-rennes1.fr/wkf/stock/RENNES20111020091916fborelcoPRINCIPALES_COMPLICATIONS_DE_LA_GROSSESSE%28item_17%292011.pdf
http://www.apape.fr/

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