Quotidien

Migraines et maux de tête, ennemis aux multiples visages – 2e partie

Chronique, alimentaire, féminine, hormonale, environnementale, psychologique… on croyait avoir tout entendu sur les multiples facteurs déclencheurs de la migraine. On découvre qu’elle est aussi liée à des facteurs génétiques. De nombreuses études sont menées dans ce sens et confirment l’hypothèse.

Homme souffrant de migraine

Un héritage pesant
Parmi les quelque 10 millions de personnes souffrant de maux de tête que compte la France (une femme sur 6, un homme sur 8), certains vont probablement incriminer leurs parents !

Plusieurs études, parues entre 2011 et 2014, indiquent en effet qu’une cause génétique peut être responsable de migraines. Dans celle parue en juin 2012 dans la revue Nature Genetics, des chercheurs européens et australiens montrent que quatre nouveaux gènes ont été associés à la survenue des migraines sans aura.

Depuis, d’autres études ont identifié 12 régions génétiques associées à la sensibilité de la migraine ; de nombreux autres indices du même ordre sont actuellement à l’étude.

Sur la piste génétique
L’hypothèse pose que les régions génétiques activées pendant les crises de migraine seraient plus vulnérables à un dysfonctionnement cellulaire. En lien avec d’autres parties du cerveau, ce dysfonctionnement agirait sur les marqueurs et symptômes douloureux de la migraine. Une piste qui mérite certainement d’être creusée, pour mettre à jour les traitements possibles – ou non.

Entre ceux qui ont toujours mal à la tête et ceux qui n’en souffrent jamais, un dialogue parfois rompu
Dès lors, on comprend mieux la perplexité de ceux qui n’ont jamais vécu ces crises, parfois très invalidantes. Ne souffrant pas de ce dysfonctionnement, ils ne peuvent pas même imaginer l’intensité de la douleur. Deux des participants à notre enquête menée sur le sujet le résument ainsi : « C’est parfois difficile de faire comprendre aux autres la douleur ressentie pour les migraines. (…) C’est un enfer. »

Femme au travail souffrant de migraine
La migraine deux fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes
L’équipe de Markus Schürks en Allemagne a isolé trois régions particulières du génome en lien avec une sensibilité possible à la migraine. Deux d’entre elles réagissent particulièrement au phénomène migraineux. Dans les études menées auprès d’hommes et de femmes, c’est chez ces dernières qu’une région se distingue en particulier, confirmant l’hypothèse que celles-ci sont plus sensibles.

Parallèlement, une étude menée par des scientifiques de la Harvard Medical School a montré des différences de certaines régions du cortex entre les hommes et les femmes, tant dans leur fonctionnement que dans leur connexion avec le reste du cerveau. Cette différence expliquerait la plus grande sensibilité sensorielle des femmes à la migraine.

Reste à savoir si ces différences cérébrales sont la cause ou le résultat de la migraine. Les prochaines recherches nous le diront.

Sonia Kaloustian

À suivre
– Les différences entre migraines, céphalées, maux de tête
– Les traitements possibles

Sources
« Genome-wide association analysis identifies susceptibility loci for migraine without aura », 10 juin 2012, Nature Genetics. Doi:10.1038/ng.2307
Brain (2012) 135 (8): 2546-2559. doi: 10.1093/brain/aws175 Her versus his migraine: multiple sex differences in brain function and structure (Visuel AAAS@ Nasim Maleki)
http://www.nature.com/ng/press_release/ng0711.html
http://www.santelog.com/news/neurologie-psychologie/la-migraine-confirme-son-phenotype-sexuel_8885_lirelasuite.htm#lirelasuite

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