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Objets connectés : quels apports pour la santé de demain ? 1ère partie

Prévention, diagnostic, observance, … les ambitions des concepteurs d’objets connectés sont multiples. Les technologies connectées envahissent de plus en plus notre quotidien. Gadgets ou véritable révolution dans les pratiques de santé ? Comment sont-ils perçus par les patients et par les professionnels de santé ? Quelles sont les dernières innovations dans le domaine ? Les objets connectés présentent-ils des dangers ? Tour d’horizon de la question.

L’apparition du « quantified self »

Le principe de la mesure d’un paramètre physiologique a historiquement débuté au 19ème siècle, avec l’apparition du pèse-personne. Dans les années 70, les patients diabétiques ont pu commencer à mesurer eux-mêmes leur taux de glycémie. Mais c’est seulement en 2007 que le mouvement appelé « quantified self » est apparu aux Etats-Unis, lancé par deux journalistes. Il s’agit d’apprendre à se connaître en mesurant des paramètres physiologiques, comme la masse corporelle, la tension, la température, la glycémie, …

pese personne

Le principe du quantified self est certes de mesurer, mais surtout d’enregistrer les données relevées, afin de les agréger dans un tableau de bord. Cela permet de surveiller l’évolution d’un ou plusieurs paramètres sur la journée, sur la semaine, sur le mois, … d’effectuer des comparaisons, et d’en tirer des conclusions pour mieux se connaître soi-même. L’apport des technologies connectées permet de communiquer directement à un professionnel de santé ou à des proches les résultats des mesures. Informé de manière régulière et dans la durée, le médecin peut adapter la posologie d’un traitement, proposer une autre molécule en remplacement ou au contraire interrompre la médication.

Avec le concept de « modified self », on franchit une étape supplémentaire : il s’agit d’un outil utilisé au quotidien pour modifier des pratiques à risque, notamment alimentaires. C’est le cas par exemple de la fourchette connectée, qui oblige les patients à manger plus lentement suite à une chirurgie bariatrique (opération de l’estomac).

La perception des objets connectés du côté des patients…

D’après une étude réalisée par CCM Benchmark auprès d’un panel d’internautes, 53% d’entre eux ont déjà entendu parler d’objets connectés dans le domaine de la santé et du bien-être. Si 32% les ont découverts via internet, seulement 4% a été informé de leur existence via un professionnel de santé.

Une autre étude réalisée par l’Ifop pour L’Atelier BNP Paribas Group, révèle que 76% des personnes interrogées possèdent au moins un appareil de mesure de données physiologiques (balance, thermomètre ou tensiomètre le plus souvent). Mais seulement 11% des personnes interrogées disposent d’un objet connecté à Internet. 6% possèdent une balance connectée, et 2% une montre connectée.

50% des possesseurs d’objet connecté l’utilisent pour surveiller ou améliorer un élément de leur santé. 31% en ont eu connaissance dans un magasin, 16% par leur pharmacie, et seulement 9% par le corps médical. 64% reconnaissent utiliser l’objet régulièrement, mais 25% ne l’ont jamais utilisé. En ce qui concerne le partage de données, 61% en acceptent le principe, mais seulement 29% sont d’accord pour les communiquer à un professionnel de santé

… et du côté des professionnels de santé

Les pharmaciens sont en première ligne pour vendre des objets connectés. 66% d’entre eux se déclarent prêts à en vendre, mais seulement 50% en ont déjà vendu. Pour 53% des pharmaciens, ces objets apportent un bénéfice pour la santé des patients.

pharmacien et client

Alors que le Conseil National de l’Ordre des Médecins travaille à la rédaction d’un livre blanc à propos de la santé mobile et de la santé connectée, il semblerait que les médecins soient relativement réticents à recevoir des résultats de mesures dont ils ne sont pas à l’origine. Sur le site automesure.com, créé par la société Thot-e-santé, en collaboration avec la Faculté de Médecine Broussais Hôtel-Dieu, seulement 7% des 5000 médecins inscrits souhaitent recevoir les résultats des mesures. Les médecins ne disposent pas de suffisamment de temps pour gérer et analyser ce supplément d’information, qui plus est non rémunéré.

Les objets connectés sont peut-être le réflexe santé de demain, mais leur diffusion est encore très limitée, d’autant plus que les études montrent que patients et professionnels de santé communiquent très peu entre eux sur ce sujet.

Sources :

http://buzz-esante.com/2014/06/23/premier-barometre-du-pharmacien-connecte/
http://insurancespeaker-solucom.fr/2014/06/les-objets-connectes-revolution-au-coeur-relation-patient-medecin/
http://comparatif-logiciels-medicaux.fr/actualite/objets-sante-connectes-le-medecin-reste-la-reference
http://www.ifop.com/media/poll/2426-1-study_file.pdf
 
 

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