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Migraine ou céphalée, il faut choisir – 3e partie

Migraine ou céphalée, primaire ou secondaire, les différences sont nombreuses entre ces manifestations douloureuses, voire très handicapantes. Pour traiter correctement la pathologie, encore faut-il savoir opérer la distinction. Savez-vous la faire ?

Migraine_douleurs cervicales

Vous avez mal à la tête ? La photo ci-dessus vous rappelle quelque chose ? Si oui, il est probable que vous souffriez de migraine plutôt que de céphalée. Faisons le point.

La migraine
Elle est définie par des critères internationaux d’après la classification de l’International Headache Society (IHS) ; elle se caractérise par :
– une douleur unilatérale ; au cours de la crise, celle-ci peut se déplacer d’un côté à l’autre de la tête ;
– un caractère pulsatile, avec la sensation que le cœur bat dans la tête ;
– une intensité modérée à sévère ;
– une augmentation de la douleur à l’effort simple et au mouvement ;
– des nausées qui peuvent aller jusqu’aux vomissements ;
– une phono/photophobie, à savoir une gêne au bruit et à la lumière.

La crise ainsi définie peut durer de 4 à 72 heures et récidiver dans le temps.

La céphalée  dite de tension
Elle concerne les deux côtés de la tête ou le front (la fameuse « barre » éprouvée après une soirée un peu trop arrosée).
La douleur est régulière et, surtout, légère à modérée, indépendante du mouvement ou de l’immobilité. Si elle dure 30 minutes au minimum, elle peut en revanche se manifester pendant une semaine, en donnant l’impression à celui qui en souffre d’être engourdi. Elle n’entraîne pas de troubles digestifs ni de nausées.

De fait, elle n’a en commun avec la migraine que la sensibilité au bruit et/ou à la lumière. Enfin, elle disparaît souvent à la prise d’un anti-douleur classique.

Le mal de tête désigne, quant à lui, est le terme générique pour toutes les manifestations de la tête douloureuse.

Primaire ou secondaire ?
La migraine est une céphalée primaire ; cela signifie qu’elle survient par elle-même, sans lien avec une autre pathologie, une anomalie ou un traumatisme identifiable.

En dehors des crises, l’examen clinique ne révèle rien de particulier, ni lésions ni douleurs. Dans le cas contraire, on posera l’hypothèse que le mal de tête est lié, en tant que symptôme, à une pathologie ou maladie qu’il faudra investiguer. On parlera alors de céphalée secondaire, consécutive ou associée à un trouble particulier.

Par exemple, le mal de tête associé à la sinusite ou à la grippe représente une céphalée secondaire.

Migraine_baîllements

Les signes avant-coureurs
– bâillements ;
– fatigue : elle peut assez vite devenir intense ;
– inconfort digestif et/ou sensations nauséeuses ;
– raideur cervicale.

En ce qui concerne les douleurs au cou, il est fréquent et légitime de se demander si c’est précisément la migraine qui donne mal au cou ou bien si une douleur ou une fragilité cervicale peut déclencher une migraine. En fait, les deux sont possibles car les douleurs de la tête et du cou sont gérées par la même structure nerveuse. Autrement dit, le nerf qui réagit aux douleurs de la face est branché au même endroit que celui qui gère les douleurs du cou. C’est la raison pour laquelle une nuque raide peut entraîner une migraine… ou inversement.

Les facteurs déclenchant la migraine
Ils sont surtout d’ordre alimentaire : alcool et vin, chocolat, fromage, aliments gras, œufs, nourriture chinoise.

Dans la cuisine asiatique, c’est le glutamate qui est en cause. Cet additif alimentaire (utilisé également dans l’industrie agro-alimentaire) renforce le goût des aliments dans lesquels il est incorporé et peut provoquer divers troubles dont la migraine.

En ce qui concerne l’alcool, les molécules incriminées sont multiples. Il est courant d’incriminer le vin blanc et les nombreux sulfites qu’il contient, et de lui préférer le vin rouge. Ce n’est pas toujours une bonne idée. Les flavonoïdes qu’il contient (à l’origine des teintes brunes, rouges et bleues des fleurs et des fruits), peuvent participer à la crise de migraine. Prudence, donc.

D’autres facteurs peuvent intervenir : le sevrage en caféine, le stress, la fumée de cigarette, le manque de sommeil…

Migraine_agenda des crises

Que faire quand on est migraineux ?!
Il faut commencer par bien définir ses propres facteurs déclenchants. Pour éviter de se perdre dans de multiples pistes et optimiser la prise en charge, la tenue d’un agenda des crises est conseillée ; on y notera le ou les facteurs déclencheurs ou que l’on croit tels, la date de survenue, la durée et l’intensité de la douleur, et les médicaments utilisés le cas échéant. Si le facteur en doute déclenche à nouveau une crise, il faudra éviter l’exposition. Difficile quand on adore le chocolat…

Des traitements contribuent à augmenter le seuil du déclenchement de la douleur, à découvrir dans un prochain article.

Sonia Kaloustian

À suivre
– Les traitements possibles

Sources
Alimentation et santé : Vraies et fausses idées, Studio vidéo Université Paris Diderot, 2010. « La migraine est plus qu’une crise de foie » Interview de Caroline Roos, Praticien Hospitalier aux urgences Céphalées de l’hôpital Lariboisière, Paris
http://www.carevox.fr/nutrition-regimes/article/alimentation-riche-en-glutamate
http://migrainequebec.com/index.php/migraine-ou-mal-de-tete/82-est-ce-que-mon-cou-cause-mes-migraines
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/fiche_de_synthese_2006_11_27__10_56_45_403.pdf
http://www.migraine.fr/maux-de-tete/cephalees-primaires/definition.htm

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