Alimentation

Fatigue, vertige, maux de tête … Et si c’était une carence en fer ?

Le rôle essentiel du fer

La quantité totale de fer présente dans l’organisme est d’environ 4 grammes chez l’homme et 3 grammes chez la femme. Elle est composée à deux tiers de fer fonctionnel, le dernier tiers correspondant au fer de réserve.

Outre sa fonction connue de transporteur d’oxygène dans l’hémoglobine, le fer est nécessaire à un grand nombre de processus métaboliques : protection contre l’oxydation, respiration cellulaire, cycle de l’acide citrique, métabolisme de l’énergie et des purines. L’organisme ne peut pas synthétiser le fer. Comme les autres oligo-éléments, le fer est donc absorbé via l’alimentation.

La régénération de la peau, des muqueuses intestinales et urogénitales provoquent la perte d’1 à 2 mg de fer quotidiennement. Pour compenser cette perte, l’alimentation a un rôle primordial. 10 à 15 mg minimum sont nécessaires chaque jour car seuls 10% du fer alimentaire sont réellement absorbés par l’intestin.

Le point sur l’anémie

L’anémie correspond à la baisse anormale du taux d’hémoglobine dans le sang. La valeur seuil en dessous de laquelle on parle d’anémie varie selon l’âge et le sexe.

Parmi les causes de l’anémie, un apport insuffisant en fer dans l’alimentation est courant, on parle alors d’anémie ferriprive. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 15% de la population mondiale serait touchée par une carence en fer, notamment dans les pays en voie de développement.

Qui sont les publics sensibles aux besoins en fer ?

  • Les enfants de 6 mois à 5 ans : en phase de croissance rapide
  • Les femmes enceintes : la croissance du fœtus et du placenta et l’augmentation du volume augmentent les besoins en fer
  • Les personnes suivant certains types de régimes stricts, notamment végétarien ou végétalien
  • Les maladies chroniques souffrant d’une mauvaise absorption du fer par le tube digestif en raison d’une affection touchant la paroi digestive, par exemple la maladie de Crohn

Quels sont les symptômes ?

Il existe deux types d’anémies.

Les anémies aiguës qui s’installent rapidement. Le système cardio-vasculaire s’adapte au manque d’oxygénation des tissus liée à la chute soudaine du taux d’hémoglobine. Elles arrivent en cas d’une perte abondante de sang par exemple.

  • Accélération du rythme cardiaque : tachycardie
  • Chute de la tension artérielle qui peut conduire à un malaise
  • Froideur des extrémités : mains et pieds
  • Pâleur cutanée

Les anémies chroniques, en général dues à des carences. Plus progressives et lentes d’installation, les signes cliniques plus difficiles à identifier.

  • Fatigue, essoufflement (à l’effort comme au repos)
  • Maux de tête
  • Vertiges
  • Pouls rapide
  • Diminution des performances intellectuelles

D’autres symptômes peuvent être les signes d’une carence en fer : peau sèche, ongles cassants plats, atrophie des muqueuses …

Fatigue carence en fer

La fatigue chronique peut être le signe d’une anémie ferriprive

Une analyse sanguine, généralement un hémogramme, en laboratoire permet d’établir le diagnostic. L’anémie peut être dépistée par trois mesures : taux d’hémoglobine, taux d’hématocrite, le compte de globules rouges. Pour confirmer le diagnostic d’anémie ferriprive, des analyses complémentaires sont réalisées : taux de transferrine – protéine capable de fixer le fer, taux de fer sérique et taux de ferritine pour estimer les réserves de fer.

Quels traitements ?

Le fer existe sous deux formes : le fer héminique présent dans les aliments d’origine animale et le fer non héminique que l’on retrouve dans les aliments d’origine végétale, moins bien métabolisé par l’organisme. C’est pourquoi une alimentation saine et variée fournit normalement suffisamment de ces deux types de fer. Parmi les aliments riches en fer, on compte : viandes, céréales, légumes et légumineuses. La vigilance est de mise car certains aliments peuvent aggraver la carence : le soja, le thé et le café en font par exemple partie.

Aliments carence en fer

Thé et café ralentissent l’absorption du fer par l’organisme

Pour certains sujets, notamment les femmes enceintes ou les personnes suivant un régime végétarien ou végétalien, la prise d’un traitement de supplémentation de fer peut être conseillée par un professionnel de santé pour éviter les risques liés à la surdose.

Il existe également des traitements médicamenteux, notamment par voie intraveineuse réservée à l’usage hospitalier.

Très souvent ignorée, l’anémie ferriprive est pourtant répandue. En général, la carence en fer se corrige facilement. Les symptômes ne doivent pas être ignorés, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Claire, rédactrice santé

Sources :

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