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Vente de médicaments à l’unité : bientôt en France ?

Pourquoi délivrer des médicaments à l’unité

Il s’agit pour le pharmacien de donner, dans des conditions sécurisées, le nombre exact de comprimés prescrits par le médecin, pour éviter que le patient ne consomme plus d’antibiotiques et ne favorise des bactéries résistantes à ces médicaments.

L’objectif est d’obtenir des économies pour la Sécurité Sociale. Cette mesure correspond également à une problématique de santé publique : les Français consomment trop de médicaments. Concernant plus spécifiquement les antibiotiques, la surconsommation peut entrainer des effets néfastes pour la santé.

L’idée de la délivrance de médicaments à l’unité avait été lancée à l’automne 2013 par la Ministre de la Santé, Marisol Touraine, à l’occasion de la présentation du budget de la Sécurité Sociale. La Ministre avait souligné l’existence de cette pratique dans d’autres pays : Pays-Bas, Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis…

Certains traitements sont déjà concernés par la vente à l’unité, c’est notamment le cas pour la morphine ou les traitements pour enfants hyperactifs.

Vente de médicaments à l'unité

La vente de médicaments à l’unité existe dans d’autres pays : USA, Allemagne, Pays-Bas…

Une expérimentation en cours

Marisol Touraine a indiqué que 100 pharmacies participeraient à une expérimentation d’un an, qui a débuté le 1er octobre. Quatre régions sont concernées : l’Ile-de-France, le Limousin, la Lorraine et PACA.

Cette expérience porte uniquement sur les antibiotiques. La Direction de Générale de la Santé estime que 20 % des médicaments sont des antibiotiques. L’expérience sera menée sur les antibiotiques critiques, dont l’efficacité doit être préservée.

25 pharmacies sont appelées à être témoins, c’est-à-dire qu’elles continueront à délivrer des boîtes de médicaments et 75 vendront la quantité exacte prescrite pour la durée du traitement. Une rémunération spécifique sera versée aux officines participantes : jusqu’à 1 500 euros par an pour les « expérimentatrices » et jusqu’à 300 euros pour les « témoins ». Les patients devront donner leur accord en remplissant un formulaire.

Médicaments unité

Une expérience d’un an est en cours en France

Des freins subsistent

Selon un sondage, 81 % des Français estiment que cette mesure permettra de réaliser des économies en ne payant que les médicaments nécessaires au traitement. 83 % des personnes interrogées estiment que la vente à l’unité réduira le gâchis des médicaments. Chaque Français conserve en moyenne 1,5 kg de médicaments non utilisés dans son armoire à pharmacie.

Si l’idée semble séduire les Français, les professionnels de santé sont plus sceptiques.

La Fédération des Syndicats pharmaceutiques de France est défavorable à une extension à tous les médicaments pour des raisons de coûts et de multiplication des erreurs.

L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine est contre ce projet qui n’aurait pas d’utilité selon son secrétaire général Gilles Bonnefond :  « La quantité des médicaments dans une boîte est parfaitement adaptée à la durée des traitements, les médecins prescrivent parfois des jours supplémentaires. On sait très bien que quand il reste des médicaments dans l’armoire, c’est parce que le patient a arrêté son traitement trop tôt. » Le problème se placerait donc dans la bonne observance du traitement.

Les syndicats estiment également que cela dévalorise le métier de pharmacien « Nous n’avons pas fait 6 ans d’études pour nous transformer en simples découpeurs de blisters. Cette expérimentation revient à nier le rôle essentiel du pharmacien. » indique Renaud Nadjhi, président de l’URPS pharmaciens d’Île-de-France.

L’expérimentation en cours sera évaluée dans un an par l’INSERM avant d’envisager une éventuelle généralisation.

Sources :

http://www.sante.gouv.fr/vente-d-antibiotiques-a-l-unite-marisol-touraine-visite-une-pharmacie-candidate-a-l-experimentation.html

Claire, rédactrice santé

 

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