Pathologies

Point sur les innovations autour du diabète

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, plus de 347 millions de personnes sont diabétiques dans le monde. D’ici 2030, le diabétique pourrait devenir la 7ème principale cause de décès. Focus sur cette pathologie et les innovations qui tendent à améliorer le confort des malades.

1 – Épidémiologie

Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres fournis par l’alimentation. Ce dysfonctionnement se traduit par une hyperglycémie, c’est-à-dire un taux de glucose élevé dans le sang. En temps normal, le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie et secrète de l’insuline qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme. Chez les diabétiques, ce système est défectueux.

On distingue principalement deux types de diabète :

  • Le diabète de type 1 qui touche 10% des malades
  • Le diabète de type 2 qui en touche 85%
  • D’autres types de diabète concernent les 5% restants, c’est notamment le cas du diabète gestationnel.

Le diabète de type 1, ou diabète insulinodépendant est une maladie auto-immune habituellement découverte chez les sujets jeunes. Les cellules bêta du pancréas disparaissent entraînant soif intense, urines abondantes et amaigrissement rapide.

Le diabète de type 2 apparaît généralement chez les personnes de plus de 40 ans. Les causes sont les suivantes : surpoids, obésité ou manque d’activité physique. Les sujets sont souvent prédisposés génétiquement. Soit le pancréas ne fabrique plus assez d’insuline (insulinopénie) soit celle-ci agit mal (insulinorésistance).

pancréas

L’emplacement du pancréas chez l’homme

2 – Améliorer le quotidien

Dans le cas du diabète de type 1, le corps ne fabrique plus d’insuline. Le traitement consiste donc en l’apport d’insuline soit sous forme d’injections soit avec une pompe à insuline. Le diabète de type 2 est traité dans un premier temps par des mesures hygiénodiététiques puis par des traitements diabétiques oraux ou injectables.

Serious Games

Découvert dans la plupart des cas chez le sujet jeune, le diabète de type 1 doit être traité en laissant une grande part à la pédagogie. C’est ce que propose Gluciweb, une plateforme de serious games interactifs destinée aux enfants afin qu’ils apprennent tôt à adopter les bons réflexes.

Télémédecine

Les consultations étant souvent trop espacées pour les patients, les projets de télémédecine sont également nombreux autour du diabète. L’Union européenne a décidé fin 2011 de lancer et de financer un programme regroupant 9 partenaires en santé et technologies. Ce programme a été nommé Commodity12 et dispose d’un budget de près de 4 millions d’euros pour trois ans. Ce dispositif regroupe des technologies de pointe de recueil, de traitement et d’exploitation de l’information médicale. Ces outils ont pour objectif final d’assurer un suivi des patients atteints de diabète, afin d’innover en matière de télémédecine.

Objets connectés

Le marché des objets connectés dédiés à la santé ne cesse de croître. Cela s’applique également au diabète. La fourchette connectée Slowcontrol est un bon exemple : elle assure le suivi des apports en sucres et permet de régulariser les comportements alimentaires. Autre exemple : le lecteur de glycémie de IBGStar se connecte aux smartphones et est accompagné d’un récepteur de bandelettes spécifiques et d’une lancette pour piquer le doigt. Les résultats apparaissent sur une application dédiée.

3 – Les projets au stade de la recherche

Focus sur le pancréas artificiel

En finir avec les injections d’insuline, c’est la promesse du pancréas bio artificiel. Présenté sous une forme circulaire de la taille d’un CD implanté dans l’abdomen, il serait capable de fabriquer naturellement l’insuline à partir de cellules souches. La mise au point de cette membrane a nécessité 20 ans de recherches. Les premiers tests chez l’homme sont prévus en 2016. Les premiers résultats devraient être disponibles fin 2017.

Glycémie

La glycémie doit être mesurée plusieurs fois par jour

Une autre innovation médicale de taille a été annoncée via une étude publiée dans la revue scientifique Nature à la fin du mois d’avril. Cette nouveauté concerne le diabète de type 1.

À l’origine de cette étude, on retrouve la Fondation des Cellules Souches de New York. Les scientifiques ont utilisé la technique du transfert de noyaux de cellules somatiques pour transplanter des noyaux de cellules de peau d’une femme atteinte de diabète de type 1 dans des ovocytes humains dans le but de générer des cellules souches embryonnaires humaines : CSEh. Ces dernières ont par la suite été utilisées pour créer des cellules bêta productrices d’insuline. En effet, elles ont la particularité d’être pluripotentes, c’est-à-dire de pouvoir se transformer en tout type de cellule. Pour la première fois, une cellule provenant d’un adulte malade a été reproduite dans l’espoir d’aboutir à des thérapies cellulaires spécifiques.

Pour autant, les techniques liées au clonage font toujours polémique dans le milieu scientifique pour des questions de bioéthique.

Entre initiatives connectées qui soulagent le quotidien des malades et avancées à plus long terme porteuses d’espoir pour suppléer le pancréas défaillant, les projets innovants sont divers autour du diabète, enjeu mondial de santé publique.

Source : http://www.who.int/features/factfiles/diabetes/fr/

Claire, rédactrice santé

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