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Cœur artificiel : zoom sur une révolution de taille

Une révolution d’ampleur est en train de se jouer pour la médecine cardiaque. A l’origine, se trouvent les travaux du Professeur Alain Carpentier sur le cœur artificiel appuyés par la société Carmat. L’objectif est de pallier le manque de greffons humains pour les insuffisants cardiaques.

Ces recherches se concrétisent puisque deux patients ont bénéficié d’une transplantation cardiaque du cœur Carmat en France.

Deux transplantations

Le premier patient âgé de 76 ans est décédé en mars dernier, 74 jours après son intervention. Des complications post-opératoires l’ont empêché de quitter l’hôpital durant cette période. Le deuxième patient a été opéré en août. Âgé de 68 ans et souffrant d’insuffisance cardiaque au stade terminal, il mène depuis sa transplantation une vie normale et vit de nouveau à son domicile.

Coeur artificiel

Pour quel public ?

Le cœur artificiel est une bioprothèse cardiaque implantable en capacité de reproduire les mouvements du cœur en s’adaptant à l’effort et sans traitement coagulant. L’espérance de vie devrait être d’au moins 5 ans pour une survie espérée de la moitié des patients à 9 ans. Des estimations à prendre avec recul en vue du manque de dispositifs transplantés.

Pour éviter le rejet, les matériaux utilisés sont biosynthétiques. Selon Carmat, le cœur artificiel serait compatible, avec 86 % des hommes et 35 % des femmes (soit 65 % des patients).

Les patients pouvant candidater à la pose du cœur artificiel sont moins nombreux. Il s’agit de personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, dans l’incapacité de recevoir une greffe et disposant d’une espérance de vie de moins d’un an. En Europe et aux États-Unis, 100 000 patients seraient concernés.

Comment le dispositif fonctionne-t-il ?

Le dispositif se compose donc de deux ventricules, connectés aux oreillettes et aux artères du patient. Derrière ces ventricules se trouve une cavité qui alternativement se vide et se remplit d’un fluide hydraulique, à l’aide d’une pompe motorisée.

Le cœur en tant que tel pèse 900 grammes. Il est supporté par une console mobile portée en bandoulière permet la gestion des paramètres du cœur et de l’alimentation qui doit être rechargée toutes les 5 à 6 heures en fonction de l’activité.

Un marché au potentiel très étendu

Selon l’OMS, les maladies cardio-vasculaires, l’ensemble des troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins, sont la première cause de mortalité dans le monde.

On estime à 17,5 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 31 % de la mortalité mondiale totale. Parmi ces décès, on estime que 7,4 millions sont dus à une cardiopathie coronarienne et 6,7 millions à un AVC. Selon Carmat, 20 millions de personnes dans le monde souffriraient d’insuffisance cardiaque. La Fédération française de Cardiologie estime quant à elle à 1 million le nombre d’insuffisants cardiaques en France.

Qu’est-ce que l’insuffisance cardiaque ?

Il s’agit d’un état pathologique indiquant que la pompe cardiaque n’est plus capable d’assurer un débit sanguin suffisant pour satisfaire les besoins de l’organisme. Cet état résulte de lésions cardiaques.

Sources :

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