Grossesse

Allaitement : entre promotion et freins

L’aliment idéal des nourrissons ?

Le lait maternel est le premier aliment naturel pour les nourrissons, il fournit toutes les calories et les nutriments dont l’enfant a besoin pendant les premiers mois de sa vie. Le lait apporte les nutriments nécessaires à son développement et contient des anticorps qui le protègent des maladies courantes comme les diarrhées et la pneumonie, premières causes de mortalité infantile dans le monde. De plus, il représente des avantages pour les mères puisqu’un allaitement exclusif entraîne l’arrêt des règles et favorise de fait le contrôle des naissances. Il atténue également  le risque de cancer du sein et de l’ovaire et permet de lutter contre l’obésité.

L’INSERM a publié en janvier 2013 une étude sur l’impact de l’allaitement sur le développement psychomoteur des jeunes enfants. En se basant sur les cas de 2000 femmes enceintes suivies de leur grossesse jusqu’au trois ans de l’enfant, les chercheurs ont conclu que les enfants allaités semblaient avoir un meilleur développement cognitif global à l’âge de trois ans. L’hypothèse biologique est la plus probable, le lait maternel étant très riche en acides gras essentiels, oméga 3 et oméga 6 qui jouent un rôle dans le développement cérébral.

Allaitement

Une mobilisation internationale

Largement promu par l’OMS qui le considère comme la meilleure alimentation pour les nourrissons et les jeunes enfants. l’allaitement maternel est mis en avant chaque année lors d’une semaine consacrée à ce thème qui se déroule du 1er au 7 août dans plus de 170 pays.

Par ailleurs et depuis 1992, l’OMS et l’UNICEF ont lancé l’initiative des hôpitaux “amis des bébés” pour développer le soutien apporté par les maternités à l’allaitement. Pour ce faire, une formation de 40 heures a été mise en place afin de permettre aux soignants d’apporter une assistance qualifiée aux mères allaitantes.

Un code international, destiné à réglementer la commercialisation des substituts du lait maternel, a été adopté en 1981. Il prévoit :

  • que les bienfaits de l’allaitement et les risques des substituts pour la santé doivent figurer sur les emballages ;
  • qu’il ne doit pas y avoir de promotion des substituts du lait maternel ;
  • qu’il ne faut pas offrir d’échantillons gratuits de préparations aux femmes enceintes ou aux mères ;
  • qu’il ne faut pas distribuer des substituts gratuits dans les établissements de santé.

 

Concrètement, cela se traduit par un message d’information et de promotion de l’allaitement maternel sur l’ensemble des produits et des supports de communication des marques de lait en poudre. Force est de constater que les maternités françaises ne suivent pas ce code à la lettre puisque des échantillons sont régulièrement distribués aux nouveaux parents.

Encore quelques freins

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, moins de 40 % de nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein. La France est l’un des pays européens où le taux d’allaitement est le plus bas. Selon le bulletin épidémiologique de l’Institut national de veille sanitaire, publié en octobre, près de 69% des Françaises donnent le sein à la maternité, mais à peine plus de la moitié des bébés sont encore allaités à un mois (54%) et 32% à 3 mois.

Malgré l’appui actif de l’OMS, des freins persistent pour les mères : douleurs au moment de la tétée, gêne notamment quand l’allaitement doit se faire dans un lieu public, avis divergents des professionnels de santé ou choix personnel…

Malgré toutes ces recommandations, l’allaitement doit rester un choix. Pour les autorités de santé comme pour les proches, la stigmatisation de ces femmes est à éviter absolument et celles qui optent pour l’allaitement artificiel doivent également être soutenues.

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