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Tabagisme : le paquet neutre abandonné ?

Messages sanitaires agrandis

Dans le cadre du volet de lutte contre le tabagisme de la loi santé, le Sénat a examiné ce mercredi le projet de mise en place du paquet de cigarettes neutre. Les parlementaires ont supprimé le texte instaurant le dispositif à partir de mai 2016.

La commission des affaires sociales a adopté à la place un amendement proposant de suivre la directive européenne qui prévoit d’agrandir la taille des avertissements sanitaires sur les paquets.

Du point de vue des buralistes

Jusq’alors, la mesure cristallisait la colère des 26 000 débitants de tabac en France qui ont manifesté devant le Sénat en marge de la séance. Les buralistes redoutaient la fuite de leurs clients et l’augmentation du marché parallèle.

Arme anti-marketing

Le paquet neutre ne comporte aucun dessin, logo, ni image de la marque. Une typographie standard indique le nom de la marque en taille réduite, les messages sanitaires recouvrent la majeure partie du paquet. Marisol Touraine espérait ainsi faire baisser de 10 % le nombre de fumeurs en France et lutter contre le tabagisme des jeunes. La Ministre de la Santé s’appuyait sur l’exemple de l’Australie. Le pays a instauré cette mesure depuis le 1er décembre 2012.

Paquet neutre

L’exemple australien

Selon le Ministère australien de la Santé, le tabagisme a diminué de façon significative pour les personnes âgées de 14 ans et plus passant de 15,1 % en 2010 et 12,8 % en 2013.

Pour autant, le tabagisme est en décroissance constante depuis 1991 grâce à des mesures anti tabac très strictes : forte augmentation du prix, interdiction de la publicité dans les médias en 1990, message de prévention sur les paquets dès 1995, interdiction de l’exposition des produits tabagiques en 2010…

Le paquet neutre n’a pas dit son dernier mot

Malgré la décision des sénateurs, le paquet neutre n’est pas définitivement remis en cause. Le dispositif pourrait en effet être réintroduit en séance en septembre à la faveur d’un autre amendement du gouvernement ou de la gauche. En cas de désaccord, les députés auront le dernier mot. Affaire à suivre.

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